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Hakim Missoum : Université de Sherbrooke
Des études américaines suggèrent que les jeunes TNB peuvent présenter davantage de problèmes de consommation d’alcool et de drogues par rapport aux jeunes cisgenres (Eisenberg et coll., 2017). Ces prévalences s’expliqueraient en partie par les expériences de stress minoritaire rencontrées dans différentes sphères de leur vie (Keuroghlian et coll., 2015). Au Québec, on constate toutefois un manque de connaissances sur les habitudes de consommation des jeunes TNB, de même que l’influence du stress minoritaire dans ces habitudes.
Pour pallier ce constat, des données inédites seront utilisées en provenance de la récente enquête menée en 2021 par le Laboratoire inclusif de recherche et développement de l’Université de Sherbrooke. Un total de 157 jeunes LGBTQ+ de 14 à 17 ans - dont 108 jeunes TNB - ont complété une majorité d’items de la Grille de dépistage de consommation problématique d’alcool et de drogues chez les adolescent.es (DEP-ADO) (Germain et al., 2016). L’échelle de mesure Outland (2016) a aussi été utilisée afin de mesurer différentes composantes du stress minoritaire.
Les résultats permettront de brosser le portrait des habitudes de consommation des jeunes TNB et de voir si celles-ci diffèrent des jeunes cisgenres de l’échantillon, en plus d’explorer de potentielles associations avec les composantes du stress minoritaire.
La discussion permettra de réfléchir à des avenues d’amélioration des offres de services en dépendance auprès des jeunes TNB au Québec.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non-binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, tant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions tant au Code criminel qu’à la Charte canadienne des droits de la personne afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé‑e‑s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion; le projet de loi no 2 déposé en novembre dernier par le gouvernement québécois en est un exemple éloquent.
Au-delà des perspectives individualisantes, biologisantes et psychologisantes que l’on trouve dans une large proportion des écrits sur le sujet, il s’avère que ces difficultés, et particulièrement en matière de santé mentale, ne sont pas inévitables. En effet, des stratégies individuelles et collectives sont déployées par les personnes et les communautés concernées pour améliorer leurs conditions de vie, ce qui met en lumière leurs forces et leurs capacités d’autodétermination. À cela s’ajoutent des pratiques innovantes qui émergent des milieux scolaires et d’intervention pour offrir des réponses sociales adaptées aux besoins des jeunes TNB et de leurs familles.
Ce colloque offre l’occasion de croiser les savoirs et faire un état des connaissances pour mieux comprendre les situations vécues par les jeunes TNB et leurs familles pour mieux intervenir. Il vise non seulement à se pencher sur les expériences vécues par les jeunes TNB, mais aussi la manière dont les interactions entre ces jeunes et leur environnement modifient leur expérience, et plus spécifiquement le rôle essentiel que jouent les familles au sein de ces dynamiques. À travers cette activité de diffusion et de réseautage, nous proposons ainsi le développement d’une compréhension globale de l’expérience des jeunes TNB, en prenant en compte l’ensemble des enjeux sociaux, structurels et relationnels auxquels iels font face.
Titre du colloque :