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Psychologie cognitive et philosophie politique : mieux fonder le revenu d’existence

GM

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Guillaume Mathelier : Haute école de gestion de Genève

Résumé de la communication

La philosophie politique aurait tort de se priver des nouveaux apports de la psychologie pour confirmer le bien-fondé de ses ambitions morales. Une politique publique gagne en légitimité quand elle repose sur des principes moraux forts. Comme un effet miroir, la philosophie prend aussi tout son sens quand elle comprend et s’inspire du monde qu’elle entend transformer. La contribution de psychologues cognitifs comme Eldar Shafir nous invite à convoquer la psychologie dans notre travail en faveur de l’instauration d’un revenu d’existence. Loin de faire perdre de la force à la proposition théorique, cet apport permet de préciser dans la réalité ce que nous fondons dans notre théorie de la justice. Selon Shafir, la pauvreté entrave les fonctions cognitives des individus en difficulté. En somme, être pauvre entraine de mauvais choix et handicape la capacité à prendre de bonnes décisions. La pauvreté focalise l’énergie des pauvres sur l’essentiel en les empêchant d’accomplir d’autres tâches en parallèle. Le revenu d’existence entend quant à lui répondre à la satisfaction optimale des besoins essentiels et offrir un socle inconditionnel pour vivre décemment. Il nous apparaît alors tout à fait pertinent de convoquer ces analyses cognitives dans le cadre de notre justification morale.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 12 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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