Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julia Csergo : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le discours sur l'identité alimentaire, culinaire et gastronomique, date du début du XXe siècle. Il émerge des travaux des premiers folkloristes et des premiers ethnologues autant que d'organismes gouvernementaux intéressés à valoriser des éléments culturels susceptibles de favoriser l'essor du tourisme. Mais c'est durant la seconde moitié du XXe siècle que s'affirme un discours universitaire qui construit le narratif d’une identité - ou d'une absence d'identité - culinaire et gastronomique québécoise, et ce, à travers le prisme conjoint de l’approche ethnologique et patrimoniale. Nous nous intéresserons aux productions les plus marquantes de cette littérature dont nous analyserons les arguments et que nous contextualiserons afin d'en comprendre les visées et les enjeux dans un moment charnière de l’histoire culturelle du Québec.
La communication alimentaire est omniprésente dans le paysage médiatique. Sa place dans les médias traditionnels est de plus en plus au premier plan. Outre les émissions culinaires phares diffusées par les chaînes généralistes, des stations de télévision sont entièrement consacrées à la communication culinaire. Les livres de cuisine constituent l’un des secteurs les plus dynamiques de l’édition francophone, sans compter les magazines culinaires qui, malgré la crise des médias imprimés, se multiplient à proximité des caisses d’épicerie.
Les médias numériques n’échappent pas à l’ubiquité de la communication alimentaire. On y trouve de tout et son contraire. La diffusion des contenus qui y sont publiés est amplifiée par le recours aux médias sociaux, y compris les blogues de nutritionnistes et d’influenceuses ou influenceurs non professionnels. Instagram constitue notamment un média social de choix pour le partage de photographies d’aliments, à des fins personnelles ou publicitaires. Les sites de notation comme TripAdvisor s’ajoutent aux guides gastronomiques.
La multiplication des sources d’information et des contenus sur les aliments bouleverse les conceptions populaires du « bien manger ». Comment s’est développée cette fascination pour la culture culinaire non seulement dans les médias, mais aussi dans les musées, la littérature, les arts, etc.? Quelle place prennent respectivement le plaisir/dégoût, la santé et la commensalité dans les imaginaires de la table? En quoi l’aliment reste-t-il lié à la construction de l’identité dans la polysémie du comestible? Quelles significations prend la nourriture dans une sphère publique globalisante? Comment se confondent les discours publicitaires commerciaux et ceux valorisant les produits du terroir? Comprendre la place que prend la communication dans les expériences alimentaires vécues au quotidien est plus qu’un enjeu de santé publique; il s’agit aussi de réfléchir sur la négociation du vivre-ensemble par la nourriture.
Titre du colloque :
Thème du colloque :