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Sylvie Grosjean : Université d'Ottawa
Plusieurs initiatives gouvernementales visent à soutenir le développement de services de santé numérique reposant sur l'utilisation de la télémédecine ou de technologies de télé-suivi à domicile. Or, un des enjeux majeurs lié à l’implantation de ces technologies est leur acceptabilité sociale. Le commissariat aux services en français de l’Ontario (2018) pointait d’ailleurs le fait qu’il fallait encourager la mise en œuvre d’une stratégie de développement de la santé numérique qui tient compte des différences culturelles et linguistiques des collectivités francophones et qu’une meilleure compréhension des déterminants sociaux et culturels de l’appropriation de ces technologies s’avère nécessaire. L’objectif de cette communication est de présenter les résultats d’une enquête menée auprès des francophones de l’Ontario afin de comprendre les conditions d’acceptabilité sociale des technologies numériques de santé pour soutenir les soins virtuels. La méthode d’histoires à achever a été utilisée (Lupton, 2020). C'est une enquête narrative en ligne qui invite les participants à compléter un récit impliquant des personnages fictifs utilisant des technologies numériques de santé dans leur quotidien. L’analyse thématique des récits produits par les participants nous a permis d’identifier les préoccupations, sentiments, et conditions qui rendent l’usage de technologies numériques de santé socialement acceptable pour les francophones de l’Ontario dans le cadre de soins virtuels.
La recherche sur la santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) a pris son essor grâce à la feuille de route du gouvernement fédéral qui, depuis 2003, a soutenu le domaine de la santé en allouant une partie des fonds à la recherche par le biais de Santé Canada, du CNFS et du CHSSN, et grâce au programme stratégique CLOSM des IRSC de 2004 à 2012.
L’objectif de ce colloque est de présenter un état des lieux des connaissances acquises au cours des 20 dernières années sur les enjeux de santé en contexte linguistique minoritaire. Une question principale a animé tant les chercheurs que les utilisateurs de connaissances et pointe vers la nécessité de comprendre et d’évaluer les impacts du fait linguistique minoritaire sur la santé des populations et sur la qualité ainsi que la sécurité des services. Quelques postulats de recherche en ressortent : l’appartenance à une CLOSM constitue un déterminant de la santé; la discordance linguistique entre les professionnels et les bénéficiaires constitue un déterminant de la qualité et de la sécurité des soins; l’insécurité linguistique nuit à la demande de services en langue officielle minoritaire; et l’offre active de services en langue officielle minoritaire constitue une politique d’équité.
Pour rendre compte de cet état des lieux de la recherche, la Chaire de recherche de l’Université d’Ottawa et de l’Institut du savoir Monfort sur la santé des francophones de l’Ontario lance un appel de propositions pour examiner cinq grands domaines de recherche : 1) lois linguistiques et santé; 2) états et déterminants de santé; 3) offre de services en langue officielle minoritaire, modèles de soins, accès, disponibilité, qualité et sécurité des soins; 4) ressources humaines, formation et pratiques professionnelles d’offre active; et 5) expérience des soins, des services et des barrières linguistiques des usagers.ères ou de certains sous-groupes (aînés, immigrants, etc.).
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