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Vanessa Rémery : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication vise à proposer une piste pour la formation des accompagnateur.rice.s en charge de la RVAE à l’université à partir des résultats d’une étude conduite sur les pratiques d’accompagnement en VAE (Rémery, 2015).
Adoptant une démarche d’analyse des activités discursives et interactionnelles, l’étude a cherché à mieux comprendre la complexité des jeux de positionnement dans les dialogues entre l’accompagnateur.rice et le/la candidat.e au cours des entretien d’accompagnement en VAE. Elle a mis en évidence une double complexité, dialogique (voix énonciatives mises en scène) et relationnelle (rapports de place investis), des entretiens d’accompagnement qui s’incarnent dans des configurations dialogiques repérables dans les dialogues.
Si l’on s’intéresse à l’usage qui peut être fait des configurations dialogiques en termes de formation, l’appropriation de telles configurations par les accompagnateur.rice.s apparaît comme un enjeu de professionnalisation intéressant dans la mesure où l’identification de ces configurations permet à l’accompagnateur.rices de prendre conscience de la variété des places d’où il/elle parle dans l’entretien selon le discours qu’il/ cherche à faire produire au/à la candidat.e. La mise en évidence des configurations dialogiques repose sur un certain nombre d’indicateurs et de catégories analytiques qui constituent autant d’outils susceptibles d’être réinvestis par les accompagnateur.rice.s dans des démarches d’analyse de leur propre activité.
L’accélération des processus migratoires, conjuguée à la mondialisation croissante du marché de l’emploi, a remis en évidence l’importance de la reconnaissance et de la validation des acquis de l’expérience (RVAE). Leur non-reconnaissance entraîne un coût sur les plans humain, social et économique (Bellemare, 2016). Or, les universités demeurent à ce jour en grande partie exclues de ce processus.
En effet, l’université décerne des diplômes qui lui sont propres et qui reflètent l’expertise disciplinaire de son corps professoral. Ainsi, l’université ne peut reconnaître complètement un diplôme, mais peut difficilement élaborer des méthodes normalisées (Comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes, 2017). Les personnes responsables d’évaluer les demandes de RVAE en milieu universitaire n’en sont que très rarement des spécialistes. Par ailleurs, le savoir universitaire se déploie sur des bases théoriques et scientifiques, ce qui a fait dire à certains que l’expérience ne répond pas à ces exigences (Landry, 1986). Mais il a été démontré que l’expérience permet une profondeur de compréhension qu’on retrouve rarement dans la formation universitaire (Barrette et de Champlain, 2017; Pastré, 2011). Comment établir ce dialogue?
La RVAE universitaire fait l’objet d’un intérêt scientifique croissant (Bernal Gonzalez, 2020; Cherqui-Houot, 2001, 2008; Morin, 2015) et de développement soutenu (Glauser, 2018; Ouellet, 2006; Shaffer et al., 2010). Ce colloque propose donc un lieu d’échanges et de réflexion intersectoriels sur la RVAE universitaire. Nous accueillons les contributions scientifiques et professionnelles relatives à : 1) des résultats de la recherche sur la RVAE universitaire; 2) des dimensions théoriques de l’explicitation et de la reconnaissance universitaires des pratiques; 3) des pratiques et du développement de la RVAE au niveau universitaire; et 4) des rapports existant entre la RVAE universitaire et celle à d’autres ordres d’enseignement.
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