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Aurélie Mariscalchi : Université Grenoble Alpes
Pour cette communication, nous proposons de nous intéresser à l’engagement d’adultes migrants dans le contexte de l’enseignement-apprentissage du français langue seconde. L’originalité de notre étude réside dans le dispositif didactique employé par l’enseignante dans ses cours, appelé Silent Way.
Dans l'approche Silent Way , le rôle de l’enseignant est d’engager les apprenants dans leur apprentissage en les impliquant pleinement dans la pratique de la langue via leurs sens et leurs sensations (Gattegno, 1976). Notre objectif sera donc ici de répondre à la question suivante : comment repérer l’engagement des apprenants dans une classe de langue Silent Way ? Pour y répondre, nous prenons appui sur une démarche exploratoire menée dans le cadre de notre doctorat. Nous avons observé pendant six mois les cours de français donnés par une enseignante spécialiste du Silent Way auprès de migrants dans une association . Pour compléter ces données d’observation, nous avons également réalisé des entretiens semi-directifs avec certains apprenants afin de recueillir leur point de vue et comprendre davantage les raisons de leur engagement dans la formation.
Nos analyses montrent que les apprenants sont bien engagés dans leur apprentissage du français. Ces résultats rendent possible l’élaboration d’une grille d’indicateur pour observer l’engagement des apprenants dans un contexte d’enseignement-apprentissage avec l’approche Silent Way que nous présenterons lors de cette communication.
Quels sont les liens entre démarches pédagogiques engageantes et établissement d’un contexte favorable aux apprentissages en littératie?
La réflexion sous-jacente à cette problématique s’enracine dans une série de constats qui portent sur le faible degré de maîtrise de la compétence écrite en fin de scolarité et, au-delà de l’école, dans tous les pays francophones de l’OCDE (PISA, 2018).
Pourtant, les travaux privilégiant des approches pédagogiques efficaces en littératie sont nombreux (voir notamment les travaux en francophonie de l’AIRDF depuis les années 1980), mais ont du mal à pénétrer les pratiques pédagogiques. Ainsi, ces constats avérés qui se répercutent sur le terrain aux différents niveaux de la scolarité et au-delà confortent l’idée de la nécessité d’une refondation de l’enseignement-apprentissage du lire-écrire (Bucheton, 2014).
Dans le cadre du colloque, nous proposons d’aborder cette thématique en prenant le contrepoint des discours de déploration sur « la baisse de niveau », et en mettant l’accent sur les pratiques pédagogiques qui favorisent le développement d’une « posture littéracique » (Rispail, 2020).
Plus précisément, il s’agira ici d’explorer la face cachée de la didactique de l’écrit, en donnant la parole aux acteurs de terrain, par le biais de recherches collaboratives, et en présentant des pratiques pédagogiques engageantes ayant fait l’objet de travaux de recherche restés souvent confidentiels.
L’engagement en littératie sera abordé dans toutes ces dimensions (verbale, psychologique, affective, corporelle, comportementale) (Fredricks et al., 2004), du côté de l’apprenant comme de l’enseignant-formateur. Il s’agira moins de « prouver » ou de mesurer les effets de l’engagement que d’illustrer ou de qualifier les retombées bénéfiques de ces pratiques sur l’établissement d’un contexte favorable aux apprentissages dans le domaine du lire-écrire.
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