Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Weldenson Dorvil : Université d'État d'Haïti
L’agriculture fait face à plusieurs défis: produire une alimentation saine et suffisante, limiter son empreinte écologique et s’adapter aux changements globaux. Les sols, support de nos productions, réservoir d’eau, de nutriments et de biodiversité, doivent être gérés durablement. Le but de cette proposition de communication est de documenter les effets réels des traits racinaires dans la restauration écologique des sols en dévoilant les avancées de la recherche sur le fonctionnement des systèmes racinaires. Les racines sont considérées comme des agents de liaison temporaires favorisant le fonctionnement naturel d’un agroécosystème et sa capacité de résilience. Leur présence dans un sol augmenterait la stabilité des macro‐agrégats. Leurs effets sur l'agrégation des sols consistent à : enchevêtrer et lier les particules du sol en macro‐agrégats stables; fournir des résidus organiques décomposables dans le sol et de la nourriture aux animaux du sol; contribuer à la présence d’une communauté microbienne dans la rhizosphère; libérer des cations polyvalents et augmenter les concentrations d’ions en solution. Ainsi, pour répondre à l’objectif fixé, une synthèse des résultats sera présentée en nous basant sur des leviers disponibles dans la littérature scientifique. L’accent sera surtout mis sur les mécanismes liés à la gestion durable des cultures et des sols.
La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.
Titre du colloque :