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Amélie Deschenaux : Haute école fédérale en formation professionnelle
Le plus haut niveau d'un système éducatif est appelé tertiaire. En Suisse, la formation professionnelle supérieure, les hautes écoles et l’université se partagent ce degré. Il s’agit d’une forme de spécificité par rapport à la plupart des systèmes d’enseignements européens qui proposent peu d’offres tertiaires en dehors de l’université. Cette forme de fluidité du système éducatif suisse se fonde, tout comme le dispositif de RVAE, sur le principe d’éducation tout au long de la vie, principe essentiel au développement social, économique et du savoir d’une société. Dans ce contexte spécifique, il nous a dès lors paru pertinent d’interroger les liens existants entre les dispositifs de RVAE mis en place dans le cadre universitaire, et les dispositifs mis en place dans le cadre du système de formation professionnelle d’enseignement supérieur. S’il est reconnu que la RVAE en milieu universitaire, par rapport à celui de la formation professionnelle initiale, s’avère particulièrement complexe, tant au niveau de la reconnaissance complète de diplômes que de l’élaboration de méthodes normalisées de reconnaissance (Chastel, et al. 2016), qu’en est-il de la RVAE en formation professionnelle supérieure ? Dans cette contribution, nous vous proposons une illustration de ce type d’offre dans le domaine tertiaire en évoquant une étude sur le dispositif de RVAE mis en place dans les écoles professionnelles supérieures (ES) suisses.
L’accélération des processus migratoires, conjuguée à la mondialisation croissante du marché de l’emploi, a remis en évidence l’importance de la reconnaissance et de la validation des acquis de l’expérience (RVAE). Leur non-reconnaissance entraîne un coût sur les plans humain, social et économique (Bellemare, 2016). Or, les universités demeurent à ce jour en grande partie exclues de ce processus.
En effet, l’université décerne des diplômes qui lui sont propres et qui reflètent l’expertise disciplinaire de son corps professoral. Ainsi, l’université ne peut reconnaître complètement un diplôme, mais peut difficilement élaborer des méthodes normalisées (Comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes, 2017). Les personnes responsables d’évaluer les demandes de RVAE en milieu universitaire n’en sont que très rarement des spécialistes. Par ailleurs, le savoir universitaire se déploie sur des bases théoriques et scientifiques, ce qui a fait dire à certains que l’expérience ne répond pas à ces exigences (Landry, 1986). Mais il a été démontré que l’expérience permet une profondeur de compréhension qu’on retrouve rarement dans la formation universitaire (Barrette et de Champlain, 2017; Pastré, 2011). Comment établir ce dialogue?
La RVAE universitaire fait l’objet d’un intérêt scientifique croissant (Bernal Gonzalez, 2020; Cherqui-Houot, 2001, 2008; Morin, 2015) et de développement soutenu (Glauser, 2018; Ouellet, 2006; Shaffer et al., 2010). Ce colloque propose donc un lieu d’échanges et de réflexion intersectoriels sur la RVAE universitaire. Nous accueillons les contributions scientifiques et professionnelles relatives à : 1) des résultats de la recherche sur la RVAE universitaire; 2) des dimensions théoriques de l’explicitation et de la reconnaissance universitaires des pratiques; 3) des pratiques et du développement de la RVAE au niveau universitaire; et 4) des rapports existant entre la RVAE universitaire et celle à d’autres ordres d’enseignement.
Titre du colloque :