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Priscila De Oliveira Coutinho : Universidade Federal de Minas Gerais
Cette recherche porte le regard sur des jeunes étudiantes universitaires ayant réussi à rompre les diverses barrières (de classe, d’origine, de race/ethnie et de genre) qui rendent difficile une trajectoire de mobilité sociale ascendante. En arrivant à l’Université, elles éprouvent un sentiment de non appartenance, ainsi que de nombreuses difficultés pour s’approprier les nouveaux codes qu’exige l’institution. Durant un semestre, dans le cadre du cours de sociologie de l’éducation, prévu dans la formation initiale des enseignants, nous avons travaillé sous la perspective de l’auto-socioanalyse et proposé aux étudiants, dont la plupart étaient des femmes, l’écriture d’un journal d’affiliation. Dans cette communication, nous envisageons le journal d’affiliation comme un objet heuristique susceptible de rétablir la capacité narrative des jeunes étudiantes dont le capital biographique les place dans une situation de désavantage au sein de l’Université. Cet outil s’avère, enfin, un instrument puissant qui incite ces jeunes à réfléchir sur leur situation biographique et les forme en tant qu'enseignantes réflexives.
L’essor de l’emploi des histoires de vie en formation (Pineau et Marie-Michèle, 1983) et des récits de vie en sciences sociales et humaines s’inscrit dans une tendance qui participe d’un « tournant narratif » (Denzin, 1989; Goodson et Gill, 2011), voire de l’émergence d’un paradigme du biographique. Depuis déjà une quarantaine d’années, l’usage des récits et des histoires de vie dans les domaines de la recherche et de la formation d’adultes en éducation, les sciences médicales, la santé publique et l’accompagnement dans le contexte du soin s’est multiplié. Non seulement les terrains investis se sont diversifiés, mais les formes des récits proposées et les angles théoriques pour les étudier l’ont été également. Les objets théoriques sont très variés; si l’immigration est un sujet abordé depuis déjà 100 ans (et il est loin d’être épuisé), de nouveaux sujets tels que la vulnérabilité, les situations de handicap ou l’écobiographie se développent. Ce colloque s’adresse à des chercheurs et chercheuses qui emploient différentes formes de récits de vie en sciences de l’éducation, ainsi qu’à des étudiants et étudiantes qui s’y intéressent dans un triple objectif : 1) approfondir leurs approches épistémologiques et leur scientificité; 2) situer leurs terrains; et 3) présenter les démarches méthodologiques articulées avec les perspectives théoriques retenues et partager leurs apports. Il s’agira, à partir de ces travaux, d’interroger selon une perspective sociohistorique et épistémologique le paradigme de la recherche biographique dans le champ des sciences humaines et sociales.
Titre du colloque :