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Pierre Barrette : UQAM - Université du Québec à Montréal
La notion "d’authenticité" est au cœur des débats entourant le phénomène de la téléréalité. Tantôt réquisitionnée par des perspectives critiques pour "démonter" la promesse ontologique du genre à s’ancrer dans la réalité (Jost), tantôt au contraire mise de l’avant par les thuriféraires du genre qui laissent entendre que les nouvelles formes d’exhibition publique du privé constituent des formes d’engagement aujourd’hui légitimes (Pastinelli), l’opposition authentique/non-authentique marque tout le champ discursif relatif à la téléréalité, montrant par le fait même la pertinence d’étudier le genre à partir d’un questionnement qui révèle l’articulation sémiotique et sociale des programmes. Lorsque rapportée au phénomène de la télé-réalité, cette invocation partout lisible à "être soi-même" se traduit dans des dispositifs de plateaux (Occupation Double, Big Brother, Si on s’aimait, etc.) qui refuse la médiation de la fiction sans pour autant adhérer au cadre documentaire traditionnel. Dans la présente communication, nous allons analyser comment le dispositif de l’émission Si on s’aimait recourt à un double cadrage – celui de la relation thérapeutique et celui de la rencontre amoureuse - pour maximiser les effets d’authenticité propices à susciter l’engagement du public. Ce faisant, nous contribuerons sur les plans théorique et méthodologique au développement d’outils socio-sémiotiques dédiés à une meilleure compréhension des ancrages sociaux de la télévision contemporaine.
Le système télévisuel connaît d’importantes transformations. La multiplication des plateformes de diffusion permise par le numérique, à laquelle s’ajoutent désormais les services de télévision par contournement (TPC) (plateformes de streaming) a résulté en une offre significativement augmentée de produits et services, contribuant à complexifier une situation déjà marquée par une forte concurrence et la stagnation — sinon le déclin — des revenus publicitaires. C’est dans ce contexte que sont apparus puis se sont multipliés depuis les années 2000 des formats de téléréalité, apparemment conçus comme une réponse des producteurs et des diffuseurs traditionnels aux règles changeantes du jeu.
Au moment où s’est instauré un climat de compétition entre les télédiffuseurs traditionnels et les plateformes numériques sont en effet apparues de nombreuses téléréalités (Star Académie, Loft Story, Occupation double, La voix, Révolution, Big Brother, L’amour est dans le pré, Un souper presque parfait, L’île de l’amour, etc.). Ces formats deviennent fréquemment des franchises extrêmement populaires, adoptées par des chaînes locales partout sur la planète et donnant lieu à certains des plus grands succès de cotes d’écoute des dernières années.
Considérant que les fictions ont longtemps représenté les émissions les plus populaires, l’engouement actuel pour les téléréalités témoigne sans conteste de transformations majeures de l’industrie télévisuelle et de nouveaux choix de programmation à l’ère numérique. Pourtant, les recherches en français s’attardant à ce type d’émission demeurent minoritaires, et aucun colloque sur la téléréalité n’a encore été organisé au Québec. Notre colloque entend donc fournir l’occasion d’analyser en détail le genre télévisuel de la téléréalité, en nous attardant autant aux contenus produits, aux stratégies de production, qu’aux nouveaux modes de consommation et d’accès à la « visibilité » que ceux-ci représentent pour les publics.
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