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AnneMarie Taravella : Université de Sherbrooke
En 2011, un peu plus de la moitié des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage pancanadien auprès de langagiers professionnels (Taravella, 2011) avaient déjà adopté pour leur pratique les technologies langagières actives, comme LogiTerm et SDL Trados. Les trois raisons invoquées pour ce choix étaient le gain de temps, l’amélioration de la qualité et l’accroissement de l’efficacité. En 2022, à l’ère de la traduction neuronale et d’une adoption généralisée des outils automatisés pour la traduction de textes pragmatiques, nous nous interrogeons sur ce triple avantage pour les traducteurs et pour les entreprises fournissant des services de traduction. Dans nos cours de premier cycle Gestion de projets de traduction et Outils et notions de gestion pour l’exercice de la traduction professionnelle, nous nous sommes penchée sur les messages à faire passer aux futurs traducteurs et futures traductrices professionnelles pour les aider à s’adapter à un contexte professionnel marqué par l’omniprésence des technologies langagières. La présente communication rend en partie compte de ces réflexions.
Nous nous demanderons en particulier si le gain de temps peut être considéré de facto comme un gain de productivité. Nous chercherons également à cerner ce que peut être l’efficacité pour la fourniture de services de traduction professionnels. Nous soulignerons enfin que la gestion d’un projet de traduction à l’ère de la traduction automatisée repose sur une nouvelle gestion des risques.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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