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Weldy Saint-Fleur : Université Laval
Afin de protéger l’environnement et de conserver la biodiversité, comme ailleurs dans le monde, l’État fédéré Amapá (Brésil) et la Guyane française (territoire d’outre-mer de France) ont délimité des aires protégées : en 1946 en Amapá et en 1942 en Guyane. Cependant, plusieurs écosystèmes de ces départements restent pourtant aujourd’hui en danger, plus vulnérables, subissant des pressions humaines intensives, parfois croissantes, des pressions géosociopolitiques, économiques et sécuritaires, comme le pillage minier illégal. À cela s’ajoute leur dégradation sous l’action des changements climatiques désormais plus intenses. L’objectif de cette communication est de montrer l’importance des Systèmes d’Informations Géographiques (SIG) dans la construction d’aide à la décision pour les aires protégées de ces régions et ailleurs dans le monde. Nous utiliserons la littérature comme base pour tenter de justifier l’importance de cet outil ; comment peut-il se matérialiser sur le terrain ; ses bénéfices et enfin quel genre de réponses un SIG peut-il donner lors de la prise de décision. On espère pouvoir théoriquement démontrer qu’à partir d’un SIG, il sera possible de repérer les points forts et les faiblesses des unités de conservation et les lacunes dans leur gestion. Et aussi, démontrer en observant l’augmentation des pressions humaines et climatiques qu’il est impératif de faire une place aux SIG dans les décisions de gestion durable du système « aire protégée ».
Notre prémisse commence avec les inégalités : la santé de la planète pour la vie humaine est dépendante de notre capacité à les réduire. Même si, en 2022, il n’est pas très original de les dénoncer, on les voit maintenant sur toutes les tribunes, dans tous les médias, dans les rapports gouvernementaux, dans ceux des organisations internationales, dans les articles scientifiques, dans les livres. Pourtant, on constate que les inégalités demeurent. Une action visant à réduire les inégalités doit être concertée, systémique, sur plusieurs niveaux en même temps, et même en dehors du système, comme en témoigne par exemple le cas des paradis fiscaux (Denault, 2016). Ceux-ci augmentent les inégalités et exacerbent les tensions dans le système.
Les liens entre inégalités et problèmes environnementaux sont bien établis : l’écart croissant entre les riches et les pauvres entraîne des conséquences environnementales de plus en plus négatives (Boyce, 2018; Hamann et al., 2018; Islam, 2015). Les inégalités plongent toutes les sociétés dans des crises interreliées : environnementale, climatique, énergétique, agricole, économique, sociale, de santé publique. Elles procèdent d’un système économique prédateur dont la raison d’être est l’accumulation du capital par la dépossession du travail des plus vulnérables et la simplification des écosystèmes et des relations sociales pour les transformer en ressources marchandes. Et les manifestations des inégalités qui en résultent sont visibles à tous les niveaux de l’organisation socioéconomique et politique. Ce système a été édifié au gré de luttes de pouvoir qui ont permis à certains intérêts et conceptions du monde de s’imposer. Il pourrait en être autrement.
On sait aussi maintenant que les sociétés plus égalitaires sont plus heureuses, vivent mieux, en meilleure santé (Wilkinson et Pickett, 2009) et ont une meilleure relation à la nature et à leur environnement (Bookchin, 1990). Toutefois, peu de travaux se sont penchés sur la question des transformations systémiques nécessaires pour réduire les inégalités, malgré la reconnaissance de leur importance (Folke et al., 2021). Une réduction draconienne et rapide des inégalités à tous les niveaux constitue notre seule option pour affronter avec succès les énormes défis du 21e siècle, y compris l’urgence climatique (Klein, 2014). Telle est l’hypothèse et la ligne directrice qui guide notre démarche.
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