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Analyse des alternatives contre l’émigration irrégulière au Sénégal

JD

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Jean Christophe Diatta : Université Gaston-Berger

Résumé de la communication

L’être humain a de tout temps été amené à se déplacer, pour des raisons diverses, climatiques, environnementales, sanitaires, politiques, économiques, culturelles… (Aïdara, 2013). Selon l’auteur, la migration est donc un des droits les plus fondamentaux de l’être humain, du simple fait qu’il relève d’un besoin naturel. Néanmoins, il faut se rendre à l’évidence : c’est surement un des droits les plus controversés et les moins respectés aujourd’hui à travers le monde. Ce qui contraint certains candidats au départ à réorganiser leurs itinéraires pour quitter leur pays de façon irrégulière. Cependant, l’émigration irrégulière est un phénomène relativement ancien, à l’image de la migration régulière. Mais depuis le début des années 2000, le durcissement des politiques migratoires des pays de transit et d’accueil en ont changé le visage (Ba et Ndiaye, 2008) cité par (Dione, 2018). Selon l’auteur, il a pris ainsi une certaine ampleur et les candidats encourent des risques de plus en plus importants en traversant l’océan atlantique à bord d’embarcations fragiles et/ou en empruntant des routes du désert hostiles et dangereuses. La fermeture des frontières est également à l’origine de l’augmentation du nombre de migrants irréguliers, du renforcement ou de la création de mafias tout au long du trajet vers l’Europe et de l’aggravation spectaculaire des conditions.

Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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