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Animer une téléréalité, consolider un genre télévisuel

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Anouk Bélanger : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Nous proposons de réfléchir à la téléréalité à partir d’un aspect qui n’a pas encore suscité l’attention des chercheur.e.s, à savoir celui de l’animateur.rice. Dans la suite d’une recherche portant sur la télévision non fictionnelle à l’ère numérique au Québec, laquelle a mené à la création d’une carte conceptuelle des fonctions d’animateur.rices, nous discuterons des émissions Occupation double et L’Amour est dans le pré.

Dans un premier temps, nous discuterons des manières par lesquelles les animateur.rice.s oeuvrent à consolider le format de la téléréalité. En plus de mobiliser une rhétorique servant autant au marketing de soi que de l’émission, les animateur.rice.s endossent un rôle d’intermédiaire culturel afin d’assurer une projection de « fun » et le développement d’une sociabilité ludique par et dans la télévision (Mehl, 2002). Plus encore, le choix de miser sur la popularité des personnalités médiatiques au détriment d’une expérience d’animation est révélateur de leur fonction symbolique de représentation du mécanisme de mise en popularité de la téléréalité. Dans un deuxième temps, nous discuterons des rôles de l’animateur.rice pour la validation des composantes interactionnelles et marchandes (Soulages, 2007; Jehel, 2018), la confirmation de l’authenticité normative des émissions (Ouellet et Hay, 2008), la mise en spectacle de l’intimité et de la confession (Jost, 2009; Mehl, 2008), de même que la validation d’une quête identitaire par les voies du consumérisme.

Résumé du colloque

Le système télévisuel connaît d’importantes transformations. La multiplication des plateformes de diffusion permise par le numérique, à laquelle s’ajoutent désormais les services de télévision par contournement (TPC) (plateformes de streaming) a résulté en une offre significativement augmentée de produits et services, contribuant à complexifier une situation déjà marquée par une forte concurrence et la stagnation — sinon le déclin — des revenus publicitaires. C’est dans ce contexte que sont apparus puis se sont multipliés depuis les années 2000 des formats de téléréalité, apparemment conçus comme une réponse des producteurs et des diffuseurs traditionnels aux règles changeantes du jeu.

Au moment où s’est instauré un climat de compétition entre les télédiffuseurs traditionnels et les plateformes numériques sont en effet apparues de nombreuses téléréalités (Star Académie, Loft Story, Occupation double, La voix, Révolution, Big Brother, L’amour est dans le pré, Un souper presque parfait, L’île de l’amour, etc.). Ces formats deviennent fréquemment des franchises extrêmement populaires, adoptées par des chaînes locales partout sur la planète et donnant lieu à certains des plus grands succès de cotes d’écoute des dernières années.

Considérant que les fictions ont longtemps représenté les émissions les plus populaires, l’engouement actuel pour les téléréalités témoigne sans conteste de transformations majeures de l’industrie télévisuelle et de nouveaux choix de programmation à l’ère numérique. Pourtant, les recherches en français s’attardant à ce type d’émission demeurent minoritaires, et aucun colloque sur la téléréalité n’a encore été organisé au Québec. Notre colloque entend donc fournir l’occasion d’analyser en détail le genre télévisuel de la téléréalité, en nous attardant autant aux contenus produits, aux stratégies de production, qu’aux nouveaux modes de consommation et d’accès à la « visibilité » que ceux-ci représentent pour les publics.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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