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Comment faire de la recherche à juste distance en tant que « praticien-chercheur » impliqué?

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Emilie Richard-Frève : Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’ Alimentation et l’Environnement (INRAE)

Résumé de la communication

Dans le cadre de cette communication, je décrirai certaines problématiques méthodologiques vécues dans le cadre de mes recherches en socio-anthropologie du développement réalisées en France, entre 2004 et 2020, dans le cadre de ma thèse sur les bergers ovins transhumants de Provence. Ayant été bergère salariée dans ce milieu professionnel avant de devenir doctorante-chercheure, je décrirai les difficultés liées au changement de statut. Je présenterai les problématiques vécues dans l'analyse d'un terrain familier, lorsqu'il s'agit de préserver des identités professionnelles qui se maintiennent dans le « faire », et quand celles-ci s’excluent où se nuisent l'une l'autre. J'analyserai les injonctions contradictoires vécues qui résulteront parfois en « ratés de terrain heuristique » pour la recherche (Richard-Freve, 2017).
Finalement, à l’aide d’exemples du terrain, je répondrai à certaines interrogations de la recherche en immersion. Comment prendre de la distance et sa juste place en tant que « praticien-chercheur »? Quel rôle peut ou doit-on endosser comme « praticien-chercheur » (porte-parole, traducteur, neutralité…)? Comment considérer cette identité de chercheur, qui suit un processus identitaire dynamique d’emmêlement à d’autres rôles, mais qui est souvent attendue comme étant figée, première, fondamentale et nécessaire pour réaliser cette prise de distance espérée dans la recherche?

Résumé du colloque

Autant en sociologie que dans les sciences sociales plus largement, la « descente de sa tour d’ivoire » est un objet de préoccupation récurrent chez les chercheurs.euses d’hier et d’aujourd’hui. Comme injonction, d’abord, on peut l’observer par le truchement des critères d’évaluations d’organismes de financement qui portent dans une proportion croissante sur les aptitudes de leurs candidat.e.s à « faire dialoguer science et société », ou encore à prendre part à des pratiques de « mobilisation sociale ». Comme aspiration intrinsèque des chercheur.euse.s, ensuite, plusieurs collectifs se réclament d’une recherche « émancipatrice », appréciable à l’aune de ses bénéfices potentiels pour des populations, populations qui ne sont souvent plus simplement « objets d’étude » mais parties prenantes de la conduction même de l’enquête. Ces considérations suscitent une question large mais fondamentale : quelle consistance peut-on reconnaître à la connaissance produite en sociologie par l’entremise de ces diverses configurations de contraintes et d’aspirations traversant la pratique de la recherche? Ce colloque propose trois dimensions de discussion distinctes pour aborder cette question.

La première dimension concerne les enjeux théoriques et épistémologiques. Celle-ci recouvre plusieurs enjeux distincts comme des critiques et des révisions de la notion de rupture épistémologique, des réflexions sur l’objectivité dans les sciences sociales ou les ontologies sociales. La deuxième aborde les enjeux méthodologiques tels que la construction des données ou encore les différentes postures sur le terrain. Cet enjeu englobe aussi les diverses réflexions autour des rapports entretenus avec les personnes enquêtées. Enfin, on traite des enjeux analytiques et restitutifs des résultats de la recherche. Ce dernier enjeu veut réfléchir aux différentes manières de mettre en forme les résultats et de les diffuser.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Maïalen Gélizé Maxime Duviau
section icon Date : 13 mai 2022

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