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De quelques obstacles à une sociologie empirique acadienne

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Joseph Yvon Thériault : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

À la différence des grandes synthèses précédentes sur l’Acadie (Les Acadiens des Maritimes 1980, l’Acadie des Maritimes,1993), le récent ouvrage L’État de l’Acadie (2021) a pris une dimension proprement sociographique. Les grandes synthèses sociohistoriques y sont absentes. Que signifie cette absence? On peut y voir là une sorte d’assurance des chercheurs sur la société acadienne qui s’interrogent moins dorénavant sur la précarité de leur existence et qui s’appuient plus sur la véracité des faits. On peut y voir aussi une confirmation de l’éclatement de la société acadienne, l’Acadie en miettes.

L’absence de frontières à l’Acadie permet-elle une véritable sociographie? En l’absence de frontières institutionnelles, une véritable sociologie acadienne n’est-elle pas condamnée, pour employer l’expression wébérienne, à dévoiler ses « intérêts de connaissance », sa référence? Ou, au contraire, l’Acadie est-elle condamnée à se raconter que par les nombres?

La communication se propose à partir d’une réflexion sur l’ouvrage l’État de l’Acadie à discuter des conditions d’une sociologie acadienne

Résumé du colloque

Ce colloque porte sur la pertinence contemporaine et épistémologique de l’approche sociographique, par le détour de l’histoire des idées et de la sociologie de langue française au Québec et au Canada afin d’éclairer son legs et ses traces. Lorsque Jean-Charles Falardeau et Fernand Dumont ont écrit dans le premier numéro de Recherches sociographiques que « notre société [canadienne-française] est peu connue », la solution envisagée se voulait une approche interdisciplinaire, mais ancrée dans une sociologique appliquée, d’abord et avant tout empirique, « au ras du sol », se traduisant par « des monographies très empiriques » ou encore des « articles […] d’un caractère exclusivement descriptif » (Falardeau et Dumont, 1960, 3-5). D’abord surtout promue par le département de sociologie de l’École de Laval, cette approche répondait à un besoin urgent de connaissance des réalités concrètes « pour mieux y intervenir par la suite » (Fortin, 2006), en amont d’une panoplie de phénomènes sociaux en rapide transformation sous l’effet de puissants courants de modernisation, de laïcisation et d’étatisation illustrés par la Révolution tranquille au Québec (Warren, 2003). L’approche a aussi eu des ramifications dans toute la francophonie canadienne, en particulier en Acadie, qui connaissait des changements sociaux comparables (Belliveau et Boily, 2005). Le Québec, l’Acadie et les communautés participant auparavant de la nation canadienne-française se sont grandement transformés depuis. Les connaissances ont aussi évolué, tout comme les courants disciplinaires. Si les sciences sociales de l’époque voulaient « dire la société pour mieux la transformer […afin de] limiter les dégâts du changement social » mariant ainsi scientificité et engagement en s’adressant tant aux autres universitaires qu’aux « hommes d’action » (Fortin, 2006), qu’en est-il aujourd’hui des visées théoriques et pratiques ou des postures et des publics des universitaires participant encore de cette approche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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