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Vincent Fournier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans cette présentation, l'auteur propose d’analyser comment des producteurs de vin de l’Okanagan construisent la spécificité du lieu et de leur vin. Elle s’appuie sur un terrain ethnographique d’un an effectué dans la vallée de l’Okanagan. Le vin possède normalement une identité reliée à son lieu d’origine. On peut ainsi parler d’un Bordeaux ou d’un Chianti pour faire référence aux vins provenant de ces régions. Cette identité est centrale à certaines pratiques communicationnelles liées au vin, notamment commerciales. Le cas de l’Okanagan est intéressant, car, depuis 1990, le développement rapide de cette industrie transforme le paysage agraire, ainsi que les représentations et l’identité perçue du lieu. Les personnes impliquées dans la production de vin doivent donc simultanément redéfinir la spécificité et l’identité de la vallée de l’Okanagan en tant que région productrice de vin, puis identifier la spécificité locale du vin. Ces deux spécificités se construisent sur la base de différentes caractéristiques que ces personnes associent au vin et à sa production, influencées par certaines idées provenant principalement d’Europe et concernant la notion de «terroir». Ces constructions intègrent ainsi certains éléments géographiques, naturels et humains, mais en laissent aussi d’autres de côté. Enfin, la réalité commerciale impose des limites et offre des possibilités à ces discours. L'auteur analyse ainsi comment l’idée de terroir s’actualise dans le contexte de l’Okanagan.
La communication alimentaire est omniprésente dans le paysage médiatique. Sa place dans les médias traditionnels est de plus en plus au premier plan. Outre les émissions culinaires phares diffusées par les chaînes généralistes, des stations de télévision sont entièrement consacrées à la communication culinaire. Les livres de cuisine constituent l’un des secteurs les plus dynamiques de l’édition francophone, sans compter les magazines culinaires qui, malgré la crise des médias imprimés, se multiplient à proximité des caisses d’épicerie.
Les médias numériques n’échappent pas à l’ubiquité de la communication alimentaire. On y trouve de tout et son contraire. La diffusion des contenus qui y sont publiés est amplifiée par le recours aux médias sociaux, y compris les blogues de nutritionnistes et d’influenceuses ou influenceurs non professionnels. Instagram constitue notamment un média social de choix pour le partage de photographies d’aliments, à des fins personnelles ou publicitaires. Les sites de notation comme TripAdvisor s’ajoutent aux guides gastronomiques.
La multiplication des sources d’information et des contenus sur les aliments bouleverse les conceptions populaires du « bien manger ». Comment s’est développée cette fascination pour la culture culinaire non seulement dans les médias, mais aussi dans les musées, la littérature, les arts, etc.? Quelle place prennent respectivement le plaisir/dégoût, la santé et la commensalité dans les imaginaires de la table? En quoi l’aliment reste-t-il lié à la construction de l’identité dans la polysémie du comestible? Quelles significations prend la nourriture dans une sphère publique globalisante? Comment se confondent les discours publicitaires commerciaux et ceux valorisant les produits du terroir? Comprendre la place que prend la communication dans les expériences alimentaires vécues au quotidien est plus qu’un enjeu de santé publique; il s’agit aussi de réfléchir sur la négociation du vivre-ensemble par la nourriture.
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