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Anne-Laurence Franzini-Halford : Université de Tours
Notre présentation prendra appui sur des travaux de recherche doctorale en cours qui visent la compréhension des processus et dynamiques de formation de soi vécus par des sujets ayant survécu à l’épreuve de la violence collective. Dans une démarche de recherche-action-formation, l’approche envisagée est celle des histoires de vie en formation, au sein d’un collectif de survivants ou survivantes de violences sexuelles liées aux conflits, dans la province du Sud-Kivu (République Démocratique du Congo).
Réalisée en terrain qualifié de sensible (Bouillon, Fresia & Tallio, 2005) – traversé de souffrances, d’injustices et de violences pour les personnes qui collaborent à cette recherche –, et difficile (Boumaza & Campana, 2007) – empreint de forts enjeux sociaux politiques et de dangers physiques et émotionnels –, la méthodologie de l’étude doit être pensée et ajustée de manière à anticiper et réduire les risques de nuire à l’intégrité physique, psychique et morale de l’ensemble des acteurs et actrices impliquées, mais également de manière à répondre aux principes éthiques d’une recherche-collaborative, dégagée de tout rapport ethnocentré et inégalitaire.
Nous ferons état de l’avancée de nos réflexions concernant la pertinence, les enjeux et les défis méthodologiques et éthiques d’une approche interculturelle des histoires de vie en formation en terrain sensible.
L’essor de l’emploi des histoires de vie en formation (Pineau et Marie-Michèle, 1983) et des récits de vie en sciences sociales et humaines s’inscrit dans une tendance qui participe d’un « tournant narratif » (Denzin, 1989; Goodson et Gill, 2011), voire de l’émergence d’un paradigme du biographique. Depuis déjà une quarantaine d’années, l’usage des récits et des histoires de vie dans les domaines de la recherche et de la formation d’adultes en éducation, les sciences médicales, la santé publique et l’accompagnement dans le contexte du soin s’est multiplié. Non seulement les terrains investis se sont diversifiés, mais les formes des récits proposées et les angles théoriques pour les étudier l’ont été également. Les objets théoriques sont très variés; si l’immigration est un sujet abordé depuis déjà 100 ans (et il est loin d’être épuisé), de nouveaux sujets tels que la vulnérabilité, les situations de handicap ou l’écobiographie se développent. Ce colloque s’adresse à des chercheurs et chercheuses qui emploient différentes formes de récits de vie en sciences de l’éducation, ainsi qu’à des étudiants et étudiantes qui s’y intéressent dans un triple objectif : 1) approfondir leurs approches épistémologiques et leur scientificité; 2) situer leurs terrains; et 3) présenter les démarches méthodologiques articulées avec les perspectives théoriques retenues et partager leurs apports. Il s’agira, à partir de ces travaux, d’interroger selon une perspective sociohistorique et épistémologique le paradigme de la recherche biographique dans le champ des sciences humaines et sociales.
Titre du colloque :