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Marc A. Bodet : Université Laval
La pandémie mondiale de la COVID-19 a mis en lumière des dynamiques qui avaient déjà commencé à labourer les sciences naturelles et sociales depuis plus de vingt ans.
Parmi les phénomènes qui ont pu être observés, on notera premièrement une politisation des enjeux en santé publique qui a mené à une polarisation dichotomisante des positions. Chaque cas empirique et chaque intervention se voyant ainsi imposer un rôle et une couleur qui dépasse largement leurs natures propres. Deuxièmement, on a assisté à une sacralisation de la Science (avec un S majuscule) au détriment des savoirs et des discours que la démarche scientifique se doit de produire. On a ainsi oublié que la Science est avant tout une méthode qui invite à la critique et à la remise en question, et non un discours d’autorité avec ses dogmes et ses évangiles. Finalement, il y a eu transformation de l’usage qu’on fait de la recherche scientifique lors de la prise de décisions au profit d’une paramétrisation du débat public autour d’outils mal compris et mal utilisés. Les acteurs qui contrôlent la construction des modèles d’aide à la décision sont ainsi devenus tout puissants.
Au cours de cette intervention, je ferai l’argument que la communauté scientifique en sciences sociales et juridiques a été largement paralysé par ces phénomènes, ce qui a empêché les chercheuses et chercheurs de jouer leur rôle essentiel de contre-pouvoir.
Les processus de médiatisation de la science se sont transformés en accéléré avec l’avènement de la pandémie de COVID-19. L’image de la science dans les médias de masse s’est considérablement modifiée. Le métier de journaliste s’est également transformé, les journalistes généralistes devant solliciter au quotidien des notions scientifiques et développer des compétences qui étaient autrefois l’apanage des journalistes spécialisés. Des scientifiques – immunologistes, virologistes ou spécialistes de la santé publique – auparavant inconnus du grand public sont devenus des stars médiatiques. Enfin, le grand public a également pris part au débat, en remettant parfois en question l’autorité journalistique ou scientifique. Comment et dans quelle mesure la pandémie a-t-elle contribué à l’évolution du discours scientifique dans les médias et, plus largement, dans l’espace public? C’est la question que ce colloque propose de poser, en faisant interagir des scientifiques de multiples disciplines et des praticiens de la communication scientifique autour des axes suivants :
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