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Isabelle Fortier : École nationale d'administration publique
La Centrale syndicale du Québec (CSQ) a élaboré un plan d’action sur 3 ans ayant pour thème « Notre pouvoir, l’action! ». Ce plan mise sur l’action collective pour transformer les milieux de travail. La CSQ regroupe 200 000 membres qui travaillent dans différents métiers des secteurs de l’éducation et de la santé. Dans le cadre de ce plan d’action, nous avons été invités à proposer au Conseil général un dispositif d’intervention à grande échelle, mettant en place des groupes de discussion intra-métiers dans toutes les régions du Québec. Orientée vers l’analyse de l’ethos public - qui permet d’identifier ce qui est (ou est devenu) (im)pensable, (a)normal ou (in)désirable - et des écarts entre travail prescrit (encadré notamment par les indicateurs de performance) et travail réel (ce qui est fait concrètement pour remplir sa mission), l’intervention vise à faire ressortir les dimensions essentielles du travail qui deviennent invisibles, qui sont empêchées et celles qui sont assumées individuellement hors travail. Le but de l’intervention est d’identifier les possibles pistes d’action que la Centrale peut déployer pour remettre ces dimensions essentielles des métiers au cœur du travail au quotidien. Cette communication présentera les résultats préliminaires de cette démarche d’intervention auprès des différents métiers des personnels scolaires. Certains enjeux rendus saillants par le contexte de crise sanitaire dans lequel ont eu lieu les groupes de discussion seront abordés.
La santé mentale et le bien-être sont devenus des préoccupations sociales et politiques majeures durant la pandémie de COVID-19 au Québec. Certes, cette crise sanitaire a mis à l’épreuve la santé mentale de l’ensemble de la population, mais on s’est inquiété particulièrement de celles et ceux qui sont en première ligne pour occuper des fonctions sociales essentielles, notamment les personnels de la santé et des milieux scolaires. À titre d’exemple, une étude publiée récemment révèle que de 29 % à 40 % des enseignant-e-s ressentent au moins une fois par semaine des sentiments d’épuisement émotionnel (Tardif et al., 2021), alors que cette proportion se situait autour de 20 % il y a 10 ans (Houlford et Sauvé, 2010). Durant la période de la pandémie, en janvier 2021, le Conseil supérieur de l’éducation a émis un avis sur la santé mentale à l’école et le ministère de l’Éducation a même organisé un vaste symposium sur la question. Bien que la préoccupation sociale et politique ait émergé de manière relativement récente, de nombreux travaux se sont attardés à la santé mentale au travail en milieu d’éducation au Québec, et ce, depuis longtemps (p. ex., Carpentier-Roy et Pharand, 1992). Ce colloque a pour but de réunir les chercheurs et chercheuses travaillant sur cette question avec une diversité d’approches théoriques et méthodologiques afin de faire un état des lieux des connaissances scientifiques disponibles sur la santé mentale et le bien-être au travail des personnels scolaires au Québec et sur les manières de prévenir les problèmes en la matière. Prenant pour prémisse l’interdépendance des personnels scolaires dans l’organisation du travail, et pour embrasser la complexité de cette problématique, le colloque s’intéresse à la situation de chacune des catégories professionnelles œuvrant dans les écoles, à savoir les enseignant-e-s, évidemment, mais aussi les professionnels non enseignants, les personnels de soutien et les directions d’établissement.
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