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Bryan Dallaire-Tellier : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Les violences basées sur l’honneur (VBH) qui s’inscrivent dans la violence familiale mais également communautaire, sont un phénomène méconnu et sous-représenté au niveau des dénonciations (Conseil du statut de la femme, 2013). Les VBH surviennent principalement dans les familles issues de l’immigration, qui tentent de rétablir l’honneur de la famille (Jimenez, Cousineau, Tanguay et Arcand, 2017). Les intervenants en milieu scolaire sont plus propices à intervenir dans le cadre de cette problématique à cause de la hausse du nombre d’étudiants issus de l’immigration. Il semble donc pertinent de se pencher sur le rôle des intervenants en milieu de scolaire qui sont susceptibles de faire face aux cas de VBH dans le cadre de leur travail. L’étude vise à documenter le niveau de connaissance des intervenants à l’égard des VBH, à leurs besoins et aux défis en intervention pour finalement proposer des stratégies d’intervention adaptées à ce phénomène. Pour ce faire, des entrevues semi-dirigés menés sous forme de groupes de discussion avec des intervenants psychosociaux susceptibles d’intervenir dans des cas de VBH seront conduits dans des cégeps de la grande région de Montréal et d’autres régions du Québec. Des questionnaires seront également distribués à chaque intervenant pour obtenir leur vision personnelle en regard du phénomène des VBH. Les résultats de cette recherche permettront de développer des ressources et d’outiller les intervenants à l’intervention en contexte de VBH.
L’immigration, bien que n’étant pas un facteur de risque en soi, peut constituer un lot de vulnérabilités. D’un côté, dans leur recherche d’aide, plusieurs victimes issues de communautés ethnoculturelles peuvent se sentir mal comprises, discriminées ou jugées par différent-e-s intervenant-e-s, organismes ou institutions en raison de leur appartenance ethnique, culturelle, religieuse, etc. De leur côté, les intervenant-e-s exerçant dans le domaine de l’intervention interculturelle (travail social, psychoéducation, maisons d’hébergement pour femmes en difficulté, protection de la jeunesse, soins infirmiers et santé mentale, etc.) font de plus en plus face à des pratiques d’accompagnement de femmes issues de l’immigration et racisées, cumulant les inégalités et doublement discriminées – à cause de leurs origines et de leur genre – au sein des différents groupes culturels (d’accueil et d’origine). Les intervenant‑e‑s appelé‑e‑s à travailler avec des personnes immigrantes victimes doivent donc façonner leur pratique professionnelle en réponse à un contexte de relation d’aide où les parties ne partagent pas le même cadre de référence culturel, éducatif ou religieux. Le besoin s’impose donc pour les intervenant‑e‑s d’avoir non seulement une bonne compréhension de la problématique des victimisations genrées (violences basées sur l’honneur, contrôle excessif, mutilations génitales féminines, etc.), mais également de développer leurs compétences interculturelles féministes.
Les présentations proposées dans le cadre du colloque sont soit des réflexions et des modèles théoriques, soit des dispositifs d’intervention pratiques, ainsi que des résultats des recherches qualitatives auprès des personnes issues de l’immigration victimes de violences fondées sur le sexe.
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