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Valérie Lapointe Gagnon : University of Alberta
La création de Commission Laurendeau-Dunton en 1963 s’inscrit dans un âge d’or des sciences humaines et sociales au Canada. Dirigé par les politologues Léon Dion Michael Oliver, le bureau de la recherche de la Commission prend une ampleur inédite et étend ses réseaux jusqu’à l’international. Au cœur de la démarche des commissaires et de l’équipe de recherche, il y a la volonté d’impliquer la population canadienne pour trouver les voies de la réconciliation entre les Canadiens anglophones et les Canadiens francophones. Plusieurs méthodes seront développées pour tâter le pouls de la population, notamment de vastes opérations sondages et des rencontres régionales.
Cette présentation s’intéresse à la conception du rôle des sciences sociales de la Commission et à leur pouvoir réparateur en temps de crise. Elle souhaite mettre en lumière la place occupée par les nouvelles approches en sociologie dans les démarches de l’équipe de recherche. Elle veut aussi témoigner des legs de la commission en matière d’innovations méthodologiques.
Ce colloque porte sur la pertinence contemporaine et épistémologique de l’approche sociographique, par le détour de l’histoire des idées et de la sociologie de langue française au Québec et au Canada afin d’éclairer son legs et ses traces. Lorsque Jean-Charles Falardeau et Fernand Dumont ont écrit dans le premier numéro de Recherches sociographiques que « notre société [canadienne-française] est peu connue », la solution envisagée se voulait une approche interdisciplinaire, mais ancrée dans une sociologique appliquée, d’abord et avant tout empirique, « au ras du sol », se traduisant par « des monographies très empiriques » ou encore des « articles […] d’un caractère exclusivement descriptif » (Falardeau et Dumont, 1960, 3-5). D’abord surtout promue par le département de sociologie de l’École de Laval, cette approche répondait à un besoin urgent de connaissance des réalités concrètes « pour mieux y intervenir par la suite » (Fortin, 2006), en amont d’une panoplie de phénomènes sociaux en rapide transformation sous l’effet de puissants courants de modernisation, de laïcisation et d’étatisation illustrés par la Révolution tranquille au Québec (Warren, 2003). L’approche a aussi eu des ramifications dans toute la francophonie canadienne, en particulier en Acadie, qui connaissait des changements sociaux comparables (Belliveau et Boily, 2005). Le Québec, l’Acadie et les communautés participant auparavant de la nation canadienne-française se sont grandement transformés depuis. Les connaissances ont aussi évolué, tout comme les courants disciplinaires. Si les sciences sociales de l’époque voulaient « dire la société pour mieux la transformer […afin de] limiter les dégâts du changement social » mariant ainsi scientificité et engagement en s’adressant tant aux autres universitaires qu’aux « hommes d’action » (Fortin, 2006), qu’en est-il aujourd’hui des visées théoriques et pratiques ou des postures et des publics des universitaires participant encore de cette approche?
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