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La cyberpsychologie du traduire

LC

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Leila Cherrouk : Université d'Alicante

Résumé de la communication

À l’ère de l’instantanéité, le recours accru à des machines pour traduire plus, plus vite et à moindre coût inaugure un basculement majeur dans la manière dont le traducteur se construit au fil de sa pratique. Dans ce contexte, l’intégration de la post-édition au sein des programmes universitaires soulève des questionnements éthiques, anthropologiques et ergonomiques encore largement inexplorés. Or la nécessité de repenser la formation croît au fur et à mesure que se creuse le fossé entre la compréhension de la psyché humaine et un marché de la traduction plaçant l’automatisation au cœur de ses enjeux.

C’est dans cette perspective que la cyberpsychologie opère un véritable renversement conceptuel en puisant sa source dans la littérature en psychanalyse et en psychologie cognitive. Holistique et multiforme, cette discipline interroge la façon dont l’individu fabrique des machines qu’il entraîne et qui le transforment jour après jour dans son rapport à la tâche, à lui-même, à l’espace ou au temps. Tel est le cadre théorique que nous nous proposons de développer au travers d’une analyse transversale visant à décrire les processus psycho-cognitifs qui conditionnent l’appropriation ou le rejet des logiciels de traduction automatique en salle de classe.

Avec la cyberpsychologie du traduire, les logiciels de traduction automatique revêtent à la fois le rôle d’un écran capable de supporter nos projections et celui d’un miroir à même de refléter notre mode de fonctionnement.

Résumé du colloque

Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.

En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.

Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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