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Nathalie Audas : Université Grenoble Alpes
MOBI’KIDS est un programme de recherche qui vise à comprendre les conditions de mobilités quotidiennes des familles, notamment l’évolution de celles des enfants.
La proposition vise à présenter des résultats d’analyses qualitatives issus de parcours commentés réadaptés de l’outil initial (Thibaud, 2001), et menés auprès d’enfants en cours d’acquisition de leur autonomie (passage CM2-6è). Deux phases d’enquête se sont succédé, l’une avec enregistrement audio de la conversation entre l’enfant et l’enquêteur se rapprochant ainsi d’une « ethnographie relationnelle/participative en mouvement » et l’autre avec une captation vidéo via une caméra embarquée par l’enfant.
De ces deux types de matériaux émerge une analyse sous la forme d’une mise en récit poétique des ambiances dans un souci d’imprégnation de l’expérience de terrain par le chercheur-analyste, afin de rendre compte des faits observés, entendus ou perçus dans leur contexte d’inscription. Ces récits sont ensuite retravaillés en empruntant au registre de la fiction pour relater les relations sensibles et affectives des enfants envers leurs espaces de vie. La restitution poétique d’inspiration fictionnelle peut-elle avoir sa place dans l’exercice d’écriture scientifique ?
Ce colloque vise à penser les nouvelles méthodologies et les nouvelles écritures susceptibles de rendre compte de la dimension émotionnelle de la vie sociale. Nous proposons ici d’interroger les enjeux méthodologiques et épistémologiques que soulèvent la prise en compte et l’analyse des émotions en sciences sociales. Nous examinerons en particulier comment cette dimension du sensible se pose concrètement dans les recherches (depuis leurs conceptions problématiques et méthodologiques jusqu’à la diffusion des savoirs produits) et ce qu’elle induit sur nos manières de connaître.
Si la prise en considération de nos émotions dans les activités d’enquête est souvent appréhendée comme un enjeu de connaissance, elle semble aussi à l’origine d’un véritable renouvellement de nos méthodologies à travers des expérimentations, de nouvelles formes d’enquête et d’écriture, ouvertes et imaginatives (nouvelles narrations sociologiques, récits audiovisuels ou sonores, récits graphiques, performance, etc.). Nous tenterons ici d’objectiver cette emprise du sensible dans les recherches grâce à l’examen de ses mises en jeu et en forme, tout en interrogeant leurs effets sur le façonnement des sciences sociales.
Titre du colloque :