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La production typologique des mineurs migrants subsahariens non accompagnés au Maroc

FG

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Fatima Zahra Ghatous : Institut des etudes africaines

Résumé de la communication

Suite d’un travail de terrain mené dans la ville de Rabat (Maroc), ma contribution vise à déterminer le rôle des structures dans la construction typologique du mineur migrant non accompagné subsahariens au Maroc en général et dans la ville de Rabat en particulier, vu les déférents types des mineurs migrants retrouvés au Maroc La question est alors de chercher et de savoir si cette différence est due au caractère de l’immigrant (mineur), ou s’il y a des influences qui interfèrent avec l’expérience de la migration dans toutes ses composantes transversales, tant externes qu’internes, d’autant plus que nous savons que le groupe des mineurs est divisé en catégories régies par un ensemble de règles et de circonstances. Notre travail est inspiré de notre recherche de thèse de doctorat en cours, qui va souligner que le parcours de migration du mineur influence fortement ses possibilités d'intégration. Notre projet consiste à analyser l'articulation du réseau social et relationnel du mineur, avant, en cours et après son arrivée au Maroc. Son intégration peut se développer et se transformer selon les contraintes et les obstacles vécus. Ainsi, notre étude prendra en compte les avis des représentant les différentes structures et organisations qui travaillent dans le domaine de l’immigration subsaharienne au Maroc et la relation interactionnelle entre les mineurs eux-mêmes d’une part et entre les mineurs et les structures d’intégration d'autre part.

Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Abdoul Aziz Diouf
section icon Date : 13 mai 2022

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