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Evelyne Barthou : Université de Pau et des Pays de l'Adour
Cette contribution présentera la méthode, encore peu formalisée dans le contexte français, de la recherche-évaluation. Cette méthode a pour objectif d'évaluer, in itinere, des dispositifs ou programmes, souvent innovants, en accompagnant le porteur de projet et en s'appuyant sur des phases de recueil de données scientifiques. Ce double niveau permet à la fois de nourrir le porteur de projet, d'accompagner la mise en œuvre des actions et de pouvoir procéder à des ajustements, mais aussi de produire des connaissances scientifiques tirées des phases de recherche, de suivi et d’évaluation.
Nous présenterons ici, à partir de deux exemples concrets de recherche-évaluation portant sur des dispositifs en faveur de la jeunesse, son fonctionnement, ses enjeux et ses limites dans le champ de la recherche. Nous interrogerons également les tensions entre l'accompagnement des acteurs et le risque d’instrumentalisation, à la fois de la recherche par les acteurs mais aussi du terrain par les chercheurs. Les questions de posture professionnelle et de sens des responsabilités des chercheurs sont en effet particulièrement centrales dans la recherche-évaluation. Enfin, nous reviendrons sur le caractère innovant et heuristique de cette méthode qui permet réellement de mesurer une autre valeur sociale de la production de connaissance, et ce, au service des acteurs et des bénéficiaires des actions.
Autant en sociologie que dans les sciences sociales plus largement, la « descente de sa tour d’ivoire » est un objet de préoccupation récurrent chez les chercheurs.euses d’hier et d’aujourd’hui. Comme injonction, d’abord, on peut l’observer par le truchement des critères d’évaluations d’organismes de financement qui portent dans une proportion croissante sur les aptitudes de leurs candidat.e.s à « faire dialoguer science et société », ou encore à prendre part à des pratiques de « mobilisation sociale ». Comme aspiration intrinsèque des chercheur.euse.s, ensuite, plusieurs collectifs se réclament d’une recherche « émancipatrice », appréciable à l’aune de ses bénéfices potentiels pour des populations, populations qui ne sont souvent plus simplement « objets d’étude » mais parties prenantes de la conduction même de l’enquête. Ces considérations suscitent une question large mais fondamentale : quelle consistance peut-on reconnaître à la connaissance produite en sociologie par l’entremise de ces diverses configurations de contraintes et d’aspirations traversant la pratique de la recherche? Ce colloque propose trois dimensions de discussion distinctes pour aborder cette question.
La première dimension concerne les enjeux théoriques et épistémologiques. Celle-ci recouvre plusieurs enjeux distincts comme des critiques et des révisions de la notion de rupture épistémologique, des réflexions sur l’objectivité dans les sciences sociales ou les ontologies sociales. La deuxième aborde les enjeux méthodologiques tels que la construction des données ou encore les différentes postures sur le terrain. Cet enjeu englobe aussi les diverses réflexions autour des rapports entretenus avec les personnes enquêtées. Enfin, on traite des enjeux analytiques et restitutifs des résultats de la recherche. Ce dernier enjeu veut réfléchir aux différentes manières de mettre en forme les résultats et de les diffuser.
Titre du colloque :