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Francis Boilard : Cégep Édouard-Montpetit
La popularité croissante des télé-réalités donne l’impression qu’elles se démocratisent et s’affranchissent de leur stigmate de « télé-poubelle ». À cet égard, au Québec, l’intérêt pour Occupation Double (OD) s’affirme de manière décomplexée chez des individus qui disposent d’un grand capital de visibilité dans les médias. Cela s'observe dans les textes d’Hugo Dumas, chroniqueur culturel au journal La Presse.
La presse culturelle participe à des changements de valeurs dans la société (Lahire, 2006) et de ce point de vue, le travail d’Hugo Dumas contribue à légitimer le genre « télé-réalité ». D’un autre côté, à travers des procédés humoristiques qui peuvent être porteurs de violence symbolique (Dufort et al., 2020), son discours marque une distance face aux pratiques culturelles des candidats d’OD. Plus de « Trente ans après la distinction, de Pierre Bourdieu » (Coulangeon et Duval, 2013), cette communication partagera les résultats d’une analyse de contenu des chroniques d’Hugo Dumas sur OD dans l’Ouest – pour mettre en lumière le sens de la distinction qu’elles manifestent.
L’auteur de cette communication a couvert les deux dernières saisons d’OD, à titre de sociologue pour le média Urbania. Par conséquent, il participe aux luttes symboliques qui traversent l’espace social, et c’est pourquoi sa présentation inclura un retour critique sur son propre positionnement. En somme, cette démarche de recherche se veut l’occasion de réfléchir à ce que parler veut dire.
Le système télévisuel connaît d’importantes transformations. La multiplication des plateformes de diffusion permise par le numérique, à laquelle s’ajoutent désormais les services de télévision par contournement (TPC) (plateformes de streaming) a résulté en une offre significativement augmentée de produits et services, contribuant à complexifier une situation déjà marquée par une forte concurrence et la stagnation — sinon le déclin — des revenus publicitaires. C’est dans ce contexte que sont apparus puis se sont multipliés depuis les années 2000 des formats de téléréalité, apparemment conçus comme une réponse des producteurs et des diffuseurs traditionnels aux règles changeantes du jeu.
Au moment où s’est instauré un climat de compétition entre les télédiffuseurs traditionnels et les plateformes numériques sont en effet apparues de nombreuses téléréalités (Star Académie, Loft Story, Occupation double, La voix, Révolution, Big Brother, L’amour est dans le pré, Un souper presque parfait, L’île de l’amour, etc.). Ces formats deviennent fréquemment des franchises extrêmement populaires, adoptées par des chaînes locales partout sur la planète et donnant lieu à certains des plus grands succès de cotes d’écoute des dernières années.
Considérant que les fictions ont longtemps représenté les émissions les plus populaires, l’engouement actuel pour les téléréalités témoigne sans conteste de transformations majeures de l’industrie télévisuelle et de nouveaux choix de programmation à l’ère numérique. Pourtant, les recherches en français s’attardant à ce type d’émission demeurent minoritaires, et aucun colloque sur la téléréalité n’a encore été organisé au Québec. Notre colloque entend donc fournir l’occasion d’analyser en détail le genre télévisuel de la téléréalité, en nous attardant autant aux contenus produits, aux stratégies de production, qu’aux nouveaux modes de consommation et d’accès à la « visibilité » que ceux-ci représentent pour les publics.
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