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Patrick Drouin : Université de Montréal
La traduction automatique neuronale (TAN) est, depuis 2016, sur toutes les lèvres. Ses performances impressionnent les utilisateurs et elles conduisent certains à remettre en question l’existence même du métier de traducteur. Cette prédiction, que les traducteurs ont maintes fois entendue, est une ombre qui plane sur la profession depuis les balbutiements des travaux sur la traduction automatique (TA).
Dans cette présentation, j’aborderai la TAN en tentant de lever le voile sur les processus impliqués : l’apprentissage automatique, plus particulièrement l’apprentissage profond, le transfert de connaissances (entre les langues) et la génération automatique de texte. J’illustrerai mon propos avec des expérimentations réalisées sur divers corpus pour mettre en lumière les possibilités et les limites de la TAN. Je présenterai d’abord la notion de plongements de mots, qui permet à un ordinateur de dépister automatiquement des relations « sémantiques » entre les mots d’un texte. Par la suite, je ferai une démonstration de la capacité d’un système neuronal à apprendre le français et à s’adapter au style d’un auteur.
Je terminerai mon exposé avec quelques réflexions personnelles sur les défis techniques, linguistiques et pédagogiques de la traduction automatique neuronale.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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