Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Éric Poirier : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Notre proposition s'inscrit dans l'axe des outils technologiques dans la formation et le perfectionnement des traducteurs. Nous présentons une méthode d'analyse manuelle des décalages informationnels de traduction dans les paires de segments parallèles qui ont été criblés au moyen d’un algorithme de repérage automatique des décalages informationnels (Poirier, 2019 et 2021b). L’examen manuel de ces décalages de traduction met au jour un grand nombre de traductions phrastiques non littérales qui s’avèrent riches pour la formation et le perfectionnement des traducteurs.
Nous présentons une méthode d’analyse manuelle des décalages informationnels phrastiques qui donne l'occasion aux apprenants de comprendre la valeur du travail des traducteurs et les efforts de reformulation qui ont été déployés et fournit aux enseignants un appareil empirique efficace fondé sur l'usage et sur les normes de traduction professionnelle pour la compilation des données traductologiques à l'appui de leurs enseignements.
La méthode d'analyse manuelle comporte l’annotation des paires de segments source et cible en vue de mettre en évidence les mots lexicaux source et cible et leur alignement. Pour l'enseignant, le criblage automatique des paires de segments parallèles représente une méthode de forage et d’exploitation des données traductologiques pouvant servir à la conception d'activités d'apprentissage disciplinaires ciblées, lesquelles sont encore peu développées en traduction générale ou spécialisée.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :