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Jean-Philippe Després : Université Laval
À l’été 2020, 25 jeunes âgés de 8 à 17 ans vivant avec une déficience intellectuelle légère ou physique ont participé au Camp musical extra-ordinaire. Il s’agit d’un projet de recherche qui vise à : (1) offrir un programme musical participatif, informel, inclusif et adapté à des jeunes extra-ordinaires et (2) étudier l’impact d’activités de création musicale participatives, informelles et adaptées sur le développement de jeunes extra-ordinaires. La présentation portera spécifiquement sur ce deuxième objectif.
Des séances musicales individuelles à distance de 20 à 30 minutes chacune ont été offertes aux participants pendant 7 semaines, à raison de 2 séances par semaine. Une approche méthodologique mixte a été mise en œuvre afin de documenter les effets de la participation au Camp musical extra-ordinaire sur diverses facettes du développement des jeunes participants à l’aide de questionnaires et d’observation des enregistrements des séances musicales. L’analyse des données a révélé des améliorations significatives dans les domaines de l’utilisation des ressources communautaires (ABAS-II) et dans celui de la communication (questionnaire spécifiquement conçu pour les besoins de la recherche). L’observation des séances musicales a également dévoilé des changements positifs en ce qui a trait aux habiletés sociales, aux habiletés musicales, à l’autonomie et aux habiletés technologiques des jeunes participants.
Les arts (musique, art dramatique, arts visuels, etc.) peuvent contribuer au développement, au bien-être et à la participation sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle ou physique ou un trouble du spectre de l’autisme (Gemma et al., 2020; Brown et al., 2012; Mino‐Roy et al., 2021). De plus, l’éducation artistique auprès des personnes en situation de handicap peut prendre de nombreuses formes, allant de l’écoute de la musique à la prestation artistique publique, en passant par le chant, l’utilisation d’instruments, la chorale, le théâtre, la danse, la peinture, la sculpture, etc. Toutefois, malgré les bienfaits avérés de l’art pour les personnes en situation de handicap, l’accès aux activités artistiques peut être restreint par d’importantes barrières (Loser et al., 2020; Rathgeber, 2017). Ces obstacles peuvent se situer à divers niveaux : ils peuvent être de nature physique, cognitive ou sociale ou être liés à l’accessibilité (McHale, 2016; Rathgeber, 2017). Pour surmonter ces obstacles, des conditions et approches doivent être mises en place (Gerrity et al., 2013; Salvador, 2015) afin de promouvoir l’accessibilité. De plus, il importe de considérer les personnes en situation de handicap non pas au regard de leur condition, mais de compétences à révéler (Loser et al., 2020). Pour explorer l’apport des arts au développement, à l’éducation et à la participation sociale des personnes en situation de handicap, ce colloque présentera la contribution de recherches participatives et émancipatrices (Boucher, 2003) qui confirment le potentiel des pratiques artistiques pour révéler la sensibilité, le langage et la création unique de ces personnes. Ce potentiel devient un territoire de transformation, non seulement pour elles, mais aussi pour l’environnement dans lequel elles vivent (Fernandes Viana, 2021).
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