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Le réchauffement climatique et la mobilité forcée en Afrique

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Moussa Kor : Université Cheikh-Anta-Diop

Résumé de la communication

Le réchauffement climatique est une réalité qui préoccupe l’humanité toute entière. Le continent africain est identifié comme l'un des plus vulnérables, en raison de l’ampleur et la fréquence des émissions mondiales de gaz à effet de serre exacerbant les sécheresses, les inondations, les érosions côtières et d’une faible capacité d’adaptation. Cette contribution vise à analyser la relation juridique entre le déplacement forcé des personnes et le réchauffement climatique en se posant la question de savoir si les dispositifs africains de protection des déplacés forcés intègre le phénomène des changements climatiques.

Pour établir une telle dialectique, il conviendra de voir que la mobilité forcée par les catastrophes environnementales est pris en compte par les dispositifs africains de protection des déplacés internes en Afrique avant de relever les limites de ces cadres de protection

Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Abdoul Aziz Diouf
section icon Date : 13 mai 2022

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