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Les associations de personnes déplacées de la Mauritanie de1989

CM

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Cheikh Sidil Khair Mbaye : Cesti-UCAD

Résumé de la communication

Malgré les fortes synergies de leurs organisations, les déplacés du conflit sénégalo-mauritanien cherchent encore les chemins du retour. Les réfugiés mauritaniens ont collé une réalité à l’adage qui dit que l’union fait la force parce qu’ils ont fédéré leur force pour défendre leur droit au retour en Mauritanie mais ça bloque. Et pourtant, ils ne bénéficient pas d’un soutien approprié pour la résolution du problème de fond : le racisme. Ils se sentent seuls dans leur combat malgré leur engagement en faveur de la sécurité humaine. En effet, Aldiouma Cissokho affirme dans un entretien qu’il « faudrait obligatoirement du point de vue politique que des lois et des actions soient faites pour que la situation des réfugiés mauritaniens s'améliore ».

Un rapport de Mission organisée par l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFFRA, 2014) informe que ces personnes déplacées qui vivent au Sénégal peuvent se retrouver confrontées aux limites de la législation du pays parce que « des dispositions de la loi sur l’asile n° 68-27 du 24 juillet 1968 ne sont plus conformes au droit international des réfugiés.

Les défis à relever par leur pays d’accueil restent le rapatriement volontaire et l’intégration locale des réfugiés mauritaniens, la délivrance des cartes d'identité aux réfugiés, l’accès à certains droits inhérents à leur statut, l’accès aux avantages de la Convention de Kampala, la prévention du risque d’apatridie et la détermination du statut de réfugié.


Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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