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Émilie Gobeil-Roberge : Université Laval
Depuis que nous avons réalisé, comme société, que la crise engendrée par la Covid-19 s’étirerait sur plusieurs mois, puis plusieurs années, la santé mentale des apprenantes domine le discours du monde pédagogique. Qu’en est-il toutefois de l’acquisition des compétences à distance? Particulièrement en stage, où toutes les entreprises ne disposaient pas préalablement de mécaniques numériques facilitant le travail à distance ?
Nous proposons d’aborder les avantages et désavantages des stages effectués virtuellement. Nous clarifierons d’abord les types de milieux de stage offerts et leur façon de s’adapter au télétravail. Caron (2021) distingue deux stratégies pour basculer à distance : le mode artisanal, où on tente avec les moyens du bord de reproduire à distance la dynamique du présentiel, et le mode ingénierique, une méthode plus systématique, standardisée et rationalisée . Nous postulons que la deuxième stratégie permet aux stagiaires de s’intégrer plus aisément dans leur milieu et faciliterait l’atteinte des objectifs d’un stage enrichissant (Gobeil-Roberge, 2021). Toutefois, pour confirmer cette hypothèse nous partagerons le fruit de nos discussions avec des étudiantes ayant effectué un stage pendant la pandémie. Nous aborderons leurs impressions sur le stage et comment cet apprentissage expérientiel s’inscrivait dans leur quotidien.
En conclusion, nous examinerons les gains inattendus de l’enseignement, et donc des stages, en virtuel pendant la crise sanitaire.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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