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Léa Muller : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Les expériences politiques mondiales de ces dernières années ont démontré que les discours fondés sur la haine et la discrimination sont de plus en plus viraux, autant dans les médias de masse (presse, télévision) que sur les médias socionumériques. En France, l’idée de patriotisme, largement associée à celle du nationalisme, est prédominante et devient même un instrument politique. Cette exacerbation du nationalisme et du racisme se fait également remarquée dans les mouvements de femmes. En effet, l’accentuation du pluralisme (ou de la division) des mouvements féministes (Cirstocea et Giraud, 2015) s’ajoutant à la médiatisation récente du nombre de féminicides en France ont offert un nouveau terrain de jeu idéologique et une nouvelle stratégie de conquête du pouvoir à l’extrême-droite française. Définit comme étant « féministe, identitaire et anticonformiste » (Manifeste du Collectif Némésis), le Collectif Némésis est l’exemple actuel le plus parlant. Ce collectif d’activistes a été créé en 2019 et axe ses luttes contre les violences sexistes et sexuelles en ciblant un seul responsable : l’immigration. Devenu un axe fort des politiques d’extrême-droite, les violences sexistes et sexuelles séduisent un militantisme de terrain qui occupe une place toute aussi importante dans l’espace médiatique (reportages télévisés, interviews lors d’émissions spéciales, etc.).
L’immigration, bien que n’étant pas un facteur de risque en soi, peut constituer un lot de vulnérabilités. D’un côté, dans leur recherche d’aide, plusieurs victimes issues de communautés ethnoculturelles peuvent se sentir mal comprises, discriminées ou jugées par différent-e-s intervenant-e-s, organismes ou institutions en raison de leur appartenance ethnique, culturelle, religieuse, etc. De leur côté, les intervenant-e-s exerçant dans le domaine de l’intervention interculturelle (travail social, psychoéducation, maisons d’hébergement pour femmes en difficulté, protection de la jeunesse, soins infirmiers et santé mentale, etc.) font de plus en plus face à des pratiques d’accompagnement de femmes issues de l’immigration et racisées, cumulant les inégalités et doublement discriminées – à cause de leurs origines et de leur genre – au sein des différents groupes culturels (d’accueil et d’origine). Les intervenant‑e‑s appelé‑e‑s à travailler avec des personnes immigrantes victimes doivent donc façonner leur pratique professionnelle en réponse à un contexte de relation d’aide où les parties ne partagent pas le même cadre de référence culturel, éducatif ou religieux. Le besoin s’impose donc pour les intervenant‑e‑s d’avoir non seulement une bonne compréhension de la problématique des victimisations genrées (violences basées sur l’honneur, contrôle excessif, mutilations génitales féminines, etc.), mais également de développer leurs compétences interculturelles féministes.
Les présentations proposées dans le cadre du colloque sont soit des réflexions et des modèles théoriques, soit des dispositifs d’intervention pratiques, ainsi que des résultats des recherches qualitatives auprès des personnes issues de l’immigration victimes de violences fondées sur le sexe.
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