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Lorsque les femmes prennent les armes… : féminité et violence politique à travers les âges

JM

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Johanna Masse : Queen's University

Résumé de la communication

Lorsqu’il est question de violence politique, il est généralement implicitement accepté que le ou les commettants sont de sexe masculin. Féminité et violence semblent de premier abord antithétique, seulement envisageable dans le cadre d’une relation unidirectionnelle : quelque chose que femmes subissent. La difficulté d’associer le sexe féminin au statut de commettant, et par extension le (quasi) réflexe de l’associer à celui de victime s’explique par la force continue – mais de plus en plus contestée – des représentations essentialistes de masculinité et féminité. Pour cette raison notamment, les images de femmes portant les armes tendent à marquer les esprits, notamment contemporains et occidentaux. Parfois célébrées, souvent stigmatisées, ces images se retrouvent pourtant dans de nombreux contextes à travers les époques. Là où s’il était question d’un homme, rien ou presque ne retiendrait l’attention, la symbolique prend le dessus quand il est question d’une femme, le besoin de rationaliser l’action à la lumière du sexe étant prégnant. L’action violente est alors expliquée « en dépit » du sexe. Dans d’autres cas, au contraire, elle est expliquée à travers un « dépassement » du sexe, cette glorification se faisant à travers une déféminisation. Dans le cadre de cette présentation s’appuyant sur une revue de littérature du sujet, nous analyserons les logiques et évolutions de la relation entre féminité et violence à partir des symboliques attachées à celle-ci.

Résumé du colloque

Aujourd’hui, qu’est-ce qui est « normal »? Nous savons que les normes sont mouvantes et qu’elles se transforment avec le temps, au gré des changements sociaux. Dans une perspective durkheimienne1, les normes sociales possèdent un pouvoir coercitif qui se manifeste lorsque les règles sont transgressées. Parallèlement, les normes juridiques changent lorsque des lois sont abrogées, invalidées, ou de nouveaux projets de loi adoptés. Et qui dit « norme » dit également « transgression », et ce colloque s’intéresse à celles qui transgressent ces normes. Nous proposons de nous intéresser à la notion (certes contestée) de déviance2, en mettant l’accent sur les femmes hors normes, sur les dynamiques de marginalisation subies ou assumées.

Les contributions pourront donc aborder la déviance aux normes des femmes dans plusieurs contextes, culturels et historiques et sous plusieurs angles : celui de la religion, du rapport à la loi et à la société (transgression des normes de genre, sexuelles, familiales, raciales), qui eux-mêmes englobent différents axes. Avec pour objectif de questionner les normes, nous identifierons des cas significatifs –– mais trop souvent restés marginalisés, même par la recherche –– de femmes qui dévient des normes. Nous proposons ainsi d’analyser les effets sociaux, juridiques, politiques et personnels de la déviance des femmes et de déceler leurs possibilités d’émancipation et d’empowerment, tout autant que de stigmatisation, de criminalisation et de marginalisation, engendrées par la déviance.

1. Émile Durkheim, « Chapitre I. Qu’est-ce qu’un fait social? », dans Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine, [1894] 1967, pp. 3-14.

2. Voir Mathieu Deflem (réd.), The Handbook of Social Control, Oxford, Wiley Blackwell, 2019 et Howard Saul Becker, Outsiders, Études de sociologie de la déviance, Paris, Éditions Métailié, 1985.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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