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Garine Papazian-Zohrabian : Université de Montréal
L'arrivée des réfugiés syriens, puis celle de personnes demandeuses d'asile venues des É-U, ont marqué le Québec ces dernières années. Suite à la crise syrienne, le Québec a accueilli 7583 réfugiés syriens en 2015-2016, dont 47% étaient des mineurs (MEES, 2017, 2018). De plus, de janvier 2017 à août 2018, 42 925 personnes ont fait une demande d’asile au Québec. Les milieux de l'éducation se sont trouvés dans l’urgence de répondre aux multiples besoins de ces jeunes ayant vécu dans des conditions d’adversité. En effet, si le parcours pré-migratoire est souvent marqué par diverses formes de violences et d’insécurité, la migration elle-même se fait parfois dans des conditions adverses, surtout pour les réfugiés, et le parcours post-migratoire peut amener d’autres formes d’insécurité : pauvreté, discrimination raciale et ethnique, etc. Ce parcours marqué par des deuils et des traumatismes ébranle la santé mentale des jeunes mettant en danger leur adaptation et leur réussite scolaire. Notre communication portera sur les résultats de nos recherches menées au Québec. Nos recherches s’inscrivent dans une approche écosystémique et psychodynamique et visent une meilleure compréhension de l’influence des deuils et des traumas pré, péri et post-migratoires sur l’adaptation scolaire et sur les apprentissages scolaires de ces enfants et ont permis de développer des pratiques susceptibles de favoriser leur bien-être psychologique et leur réussite scolaire.
Plusieurs changements se sont produits sur le plan démographique ces dernières années, notamment en ce qui a trait à la diversité ethnoculturelle et linguistique grandissante (MEES, 2020). Parallèlement, les milieux éducatifs en petite enfance, à l’éducation préscolaire et au primaire ont reçu en nombre croissant une population immigrante aux origines ethnoculturelles et linguistiques diversifiées (Boily et Bissonnette, 2019; Dumais et Soucy, 2019; Guay et al., 2018; MEES, 2020). Or, certains de ces enfants et élèves peuvent faire face à des obstacles sur leur parcours éducatif, entre autres en raison de l’écart entre leur réalité, leur vécu et les expériences éducatives offertes (Curenton et al., 2019; Gay, 2002b) dans les milieux éducatifs du pays d’accueil. La visée de dispenser une éducation équitable et de qualité qui prend en compte la diversité ethnoculturelle et linguistique souscrit à l’importance de réfléchir sur l’offre de pratiques culturellement sensibles (Gay, 2002a; Spanierman et al., 2011) et équitables (Curenton et al., 2019; Donwer et al., 2012; Wright, 2011). De plus, des défis présents dans les milieux liés à l’acceptation de l’autre dans ses différences et aux exclusions possibles (Archambault et al., 2018; Dhume, 2019) invitent à réfléchir quant aux compétences à mettre en œuvre telles que celles émotionnelles, essentielles au vivre-ensemble (Dieumegard, 2018; Pham Quang, 2017), et à certaines formes d’éducation dont celle citoyenne (Deardorff et al., 2018) et celle liée à l’empathie (Gordon, 2015). Dans le cadre d’une discussion interdisciplinaire, ce colloque tente de répondre aux questions suivantes : quels sont les défis actuels associés au vivre-ensemble et à l’offre d’une éducation inclusive et équitable dans les milieux éducatifs de diversité ethnoculturelle, linguistique ou autres? Quels contextes éducatifs (approches et programmes) offrir? Quelles compétences sont nécessaires et quels partenariats établir pour offrir des contextes éducatifs inclusifs?
OBJECTIFS :
1) Offrir aux acteurs du milieu de l’éducation un espace pour s’entretenir sur les défis actuels associés : a) au vivre-ensemble et aux obstacles possibles; et b) à l’offre d’une éducation inclusive équitable dans les milieux éducatifs à la petite enfance, à l’éducation préscolaire et au primaire, présentant une diversité ethnoculturelle, linguistique ou autres.
2) Examiner les constats des recherches portant sur les approches pédagogiques, les programmes éducatifs, les compétences à mettre en œuvre et les leviers qui peuvent favoriser une éducation inclusive équitable.
3) Porter un regard sur les initiatives inspirantes réalisées par les gens du milieu pour offrir un contexte éducatif favorisant l’inclusion.
4) Établir des partenariats entre les acteurs du milieu, notamment les chercheurs, les praticiens et les décideurs afin de mener d’éventuelles recherches collaboratives pour faire émerger de nouvelles connaissances.
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