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Migration au Maroc

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Soukaina Taoufik : Centre africain de la jeunesse pour le développement durable

Résumé de la communication

L’évolution des flux migratoires depuis 20 ans au Maroc s’inscrit dans un contexte de mutation au niveau mondial qui a amené le Royaume à assumer ses responsabilités en cherchant des solutions adéquates dans le traitement des questions de migrations de manière globale et intégrée. La situation géographique du Maroc a créé une situation dans laquelle le pays n'est pas seulement devenu un point de transit entre l'Afrique et l'Europe, mais est également devenu une destination finale pour de nombreux immigrants en situation légale et illégale. C’est dans ce cadre que le Maroc a décidé d’élaborer « une stratégie de l’immigration et de l’asile qui devra apporter des réponses de manière intégrée et humaniste à l’ensemble des enjeux posés » par la migration.

Cette question met en exergue la menace qui pèse non seulement sur les personnes mais sur les États en tant que garants de la sécurité et de la protection des droits fondamentaux. Ainsi, nous allons répondre aux questions suivantes:

Quel cadre juridique adopté par l'Etat marocain pour régir les droits des immigrés? Comment Ie droit marocain peut garantir les droits fondamentaux des étrangers ? Quelles stratégies peut-on mettre en place pour renforcer leur droit au Maroc ?

L'État marocain respecte-t-il le droit international en matière de protection des droits des étrangers en situation irrégulière ? Existe-t-il une politique adoptée pour intégrer les subsahariens dans la société marocaine ?

Sont-ils respectés ? Sont-ils appliqués?

Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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