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Migration Ouest africaine vers l’Europe à travers le Niger

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Atsu Venunye Bassah : FRANCE

Résumé de la communication

En s’interrogeant aujourd’hui sur la migration des Africains, les premières idées qui assaillent sont de savoir où vont vraiment ces personnes. En effet une réflexion sur la destination et l’avenir de ces derniers s’impose. Ainsi dire que l’Europe constitue une des destinations privilégiées ne serait surprendre personne, même si en réalité il y a plus de mouvement de population au sein même de l’Afrique que de l’Afrique vers l’extérieur. Sur ce parcours migratoire qualifié de clandestin de migrants ouest africain vers l’Afrique du Nord avec de possible intention de poursuivre vers l’Europe, le Niger joue aujourd’hui un rôle important. Car il constitue du fait de sa position un carrefour de la migration en Afrique. En tant qu'individus doués de sensibilité, nous avons été révoltés par des situations, comportements et discours dont nous avions été témoins en écoutant les déboires de migrants rencontrés au Niger dans le cadre de nos recherches de terrain tout comme durant nos séjours d’étude en Europe, en France depuis 2017 dont certains des récits ont été récemment publiés dans notre recueil de témoignages « Rêver de tout sauf migrer clandestinement ». Du côté Europe, l’avenir des migrants clandestins parvenus à frôler leur sol n’est plus une préoccupation. Au contraire des conditions de primo-accueil sont plus compliqués et ceci dans l’optique de dissuader les potentiels migrants.

Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Abdoul Aziz Diouf
section icon Date : 13 mai 2022

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