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Judith Beaulieu : UQO - Université du Québec en Outaouais
L’évaluation des compétences des élèves ayant une déficience intellectuelle profonde (DIP) comporte plusieurs défis (Jacques et Tremblay, 1997). Il existe peu de matériels évaluatifs adaptés à ces élèves et leurs difficultés en lien avec la communication constituent un obstacle important à l’expression de leurs compétences (Wicht et Bielmann, 2012). La tâche de cibler des objectifs individualisés dans leur bulletin est un travail collaboratif entre l’enseignant, les techniciens en éducation spécialisé, les professionnels scolaires et parfois les préposés oeuvrant pour répondre à leurs besoins. Des recherches américaines qui se sont intéressées aux objectifs dans les bulletins des élèves ayant une DIP montrent que les enseignants privilégient souvent les compétences et les contextes de développement de compétences fonctionnelles (p.ex. amener sa cuiller à sa bouche), au détriment de situations plus complexes (p.ex. Littératie) (Agran, Krupp, Spooner, & Zakas, 2012). L’objet de la présente communication est de décrire 113 objectifs d’apprentissage documentés dans 11 bulletins d’élèves québécois ayant une DIP et de décrire les contextes de développement de ces objectifs.
Le modèle écosystémique de Bronfenbrenner (1986) propose un cadre d’analyse élargi de l’organisation des environnements, appelés systèmes, dans lesquels grandissent les enfants, dont les enfants ayant une déficience intellectuelle (DI). Ainsi, ces systèmes interreliés renvoient à un microsystème (p. ex. : famille, école), à un exosystème (p. ex. : services professionnels, services parascolaires) et à un macrosystème (histoire du milieu de vie). Les liens entre ces différents systèmes sont représentés par le mésosystème. Or, la situation de handicap de l’apprenant ayant une DI est le résultat de l’interaction entre ses caractéristiques personnelles et celles de l’ensemble des systèmes qui l’entourent.
Certaines études montrent que les microsystèmes famille/école, dans lesquels grandissent les apprenants, comportent des obstacles à leur participation sociale (Agran, 2012). Ces microsystèmes dans lesquels fait partie l’enfant ayant une DI privilégieraient le développement de compétences simples et fonctionnelles (p. ex. : manipuler les ustensiles pour manger) au détriment de compétences plus complexes, de haut niveau (p. ex. : communiquer son opinion ou ses besoins, reconnaître les lettres de l’alphabet, discriminer les phonèmes, appliquer le principe alphabétique) (Agran et al., 2012). Ces microsystèmes auraient tendance à sous-estimer le potentiel de développement de compétences complexes des apprenants ayant une DI (Agran et al., 2012).
Pourtant, la recension de Moreau et al. (2021) montre bien que des élèves ayant une DI, quoiqu’ayant des caractéristiques les mettant à risque de vivre une situation de handicap, peuvent développer des compétences plus complexes, notamment en littératie (compréhension de textes, lecture globale de mots, décodage, communication orale et écriture). Certains travaux de recherche ont montré l’importance d’inclure plusieurs systèmes, du microsystème (p. ex. : famille-école) et de l’exosystème pour prévenir les difficultés d’apprentissage en matière de littératie d’enfants à risque de vivre une situation de handicap, mais n’ayant pas de DI (Morin, 2007; Scarborough, 2004b).
OBJECTIFS
Avec une approche mésosystémique concernant des individus provenant de différents microsystèmes et exosystèmes (p. ex. : école-famille, enseignant-professionnel scolaire, école-parascolaire, école-professionnel en santé) et gravitant autour des élèves ayant une DI, l’objectif de ce colloque est de discuter de pratiques novatrices ayant pour sujet le développement de compétences complexes (p. ex. : la littératie) afin de tendre vers les visées inclusives du macrosystème.
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