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Tessy Jean-Paul : Université de Montréal
Comment les changements sociaux et démographiques affectent-ils le monde du travail ? Cette question est essentielle afin de comprendre les différents défis auxquels les acteurs du marché de l’emploi font face. L’immigration et l’intégration d’une main-d’œuvre de plus en plus diversifiée sont des réalités importantes auxquelles ces derniers doivent s’adapter. Dans cette présentation, je tenterai d’établir un portrait des difficultés rencontrées par les immigrants et les personnes racisées qui souhaitent intégrer les emplois dans le secteur culturel et artistique au Québec. D’abord, nous tenterons de comprendre en quoi le phénomène de la discrimination joue un rôle important dans leurs carrières. Cette analyse aura pour but de comprendre comment la discrimination a des effets sur l’accès aux opportunités d’emploi et sur l’ascension professionnelle des artistes et artisans. Cette démonstration cherche à sensibiliser et influencer les pratiques des différents acteurs du marché de l’emploi afin qu’ils puissent mieux répondre aux réalités qui touchent plus particulièrement cette main-d’œuvre diversifiée. Ensuite, je souhaite ouvrir la réflexion sur les pistes de solution en identifiant notamment la manière dont différents acteurs institutionnels et sociaux peuvent être impliqués pour minimiser les effets de la discrimination et faciliter l’intégration en emploi des artistes et artisans immigrants et/ou racisés dans le secteur des arts et de la culture. Les syndicats dans le milieu artistique ont-ils un rôle à jouer dans la protection et la représentation des artistes et artisans immigrants et/ou racisés ? Si oui, lequel ?
L’inclusion socioprofessionnelle des personnes issues de l’immigration et de la diversité ethnoculturelle demeure un défi majeur au Québec. Dans le milieu des arts et de la culture, ce défi se pose avec une plus grande acuité. Le milieu culturel a connu un processus de professionnalisation (Bellavance, 2014) à travers la constitution de cursus scolaires et par le principe de reconnaissance par les pair‑e‑s. Cette professionnalisation a renforcé les inégalités entre les artistes d’origine québécoise ou canadienne et les artistes issu‑e‑s de l’immigration ou dit‑e‑s de la « diversité ». Malgré les différentes mesures mises en place par les institutions, comme la discrimination positive, pour favoriser une plus grande inclusion, plusieurs études démontrent que ces dernières renforcent les différences et les inégalités entre les artistes d’origine québécoise et celles et ceux appartenant à ladite diversité (Février, 2018). Les barrières rencontrées par les artistes sont nombreuses. L’absence de reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquise à l’étranger (Fournier et Misdrahi, 2014; Misdrahi, 2015), le racisme systémique (Boustany, 2019) et l’altérisation voire l’exotisation des productions artistiques figurent au premier plan parmi les obstacles rencontrés par les personnes issues de l’immigration ou de la « diversité ». Certes, qu’il s’agisse de l’industrie de la musique, du monde du théâtre ou encore du milieu de la danse, chaque domaine fonctionne avec ses propres règles et instances de légitimation. Il n’en demeure pas moins que les difficultés rencontrées par ces artistes se retrouvent dans tous les domaines, même si elles se manifestent avec une intensité et des formes variables. Ainsi, ce colloque sera l’occasion de réfléchir aux enjeux liés à l’inclusion des artistes immigrant‑e‑s ou issu‑e‑s de la « diversité » dans le milieu culturel québécois, qui s’avère être un objet peu étudié dans les sciences sociales (Martiniello, 2015; Tétu, 2017).
Titre du colloque :