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Marie-Claude Bernard : Université Laval
En éducation et plus spécifiquement celle thérapeutique les récits de vie sont reconnus comme approche méthodologique conduisant vers des formes de savoirs. Mettre en mots au moyen d’un récit son expérience a montré sa pertinence à l’égard, entre autres, de la prise de conscience de l’événement que constitue la maladie dans le parcours de vie, la valorisation des savoirs acquis par la maladie, la mobilisation de formes de résilience face à l’adversité, le développement d’une «agentivité» dans le vécu de la maladie, ou en étant porteurs de savoirs complémentaires à ceux des soignants. Les retombées de l’exercice de mise en mots dépassent l’individu qui se raconte et rejoignent les personnes qui écoutent, les deux parties étant susceptibles d’être transformées. Sous ces considérations cette communication rend compte d’une démarche de focus group impliquant cinq personnes atteintes par une maladie chronique ayant réalisé chacune auparavant leurs récits dans un processus d’élaboration du sens de l’expérience de vie liée à la maladie. Elle s’inscrit dans la prolongation d’un projet réalisé en collaboration avec une association de malades où les récits ont été recueillis. Quelle est la portée des récits lorsqu’ils sont partagés par les pairs? L’expérience de partage est-elle porteuse d’apprentissages autres que ceux évoqués lors des récits construits individuellement? La communication décrira la méthodologie en incluant la démarche d’analyse qui tente de répondre à ces questions.
L’essor de l’emploi des histoires de vie en formation (Pineau et Marie-Michèle, 1983) et des récits de vie en sciences sociales et humaines s’inscrit dans une tendance qui participe d’un « tournant narratif » (Denzin, 1989; Goodson et Gill, 2011), voire de l’émergence d’un paradigme du biographique. Depuis déjà une quarantaine d’années, l’usage des récits et des histoires de vie dans les domaines de la recherche et de la formation d’adultes en éducation, les sciences médicales, la santé publique et l’accompagnement dans le contexte du soin s’est multiplié. Non seulement les terrains investis se sont diversifiés, mais les formes des récits proposées et les angles théoriques pour les étudier l’ont été également. Les objets théoriques sont très variés; si l’immigration est un sujet abordé depuis déjà 100 ans (et il est loin d’être épuisé), de nouveaux sujets tels que la vulnérabilité, les situations de handicap ou l’écobiographie se développent. Ce colloque s’adresse à des chercheurs et chercheuses qui emploient différentes formes de récits de vie en sciences de l’éducation, ainsi qu’à des étudiants et étudiantes qui s’y intéressent dans un triple objectif : 1) approfondir leurs approches épistémologiques et leur scientificité; 2) situer leurs terrains; et 3) présenter les démarches méthodologiques articulées avec les perspectives théoriques retenues et partager leurs apports. Il s’agira, à partir de ces travaux, d’interroger selon une perspective sociohistorique et épistémologique le paradigme de la recherche biographique dans le champ des sciences humaines et sociales.
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