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Pascale Tremblay : Université Laval
La capacité à communiquer au moyen du langage, en particulier dans des environnements bruyants, décline avec l’âge, pouvant entraîner une baisse de la participation sociale et l’isolement. Historiquement associées à la presbyacousie, des études récentes suggèrent que ces difficultés ont une étiologie plus complexe, impliquant la perte auditive, mais aussi le vieillissement cérébral dans plusieurs systèmes, incluant l’audition centrale, le traitement linguistique de la parole et plusieurs composantes de la « cognition auditive », comme l’attention soutenue et la mémoire de travail. Malgré des avancées importantes dans la compréhension des difficultés affectant la perception de la parole dans le vieillissement, l’étiologie de ces difficultés demeure incertaine et les outils thérapeutiques rares et peu efficaces. Toutefois, des travaux récents suggèrent que différentes approches non pharmacologiques, comme la pratique d’activités musicales et la stimulation cérébrale non invasive des réseaux cérébraux impliqués dans le traitement de la parole pourraient permettre de réduire les difficultés de communication liées au vieillissement cérébral. Cette présentation abordera un bref aperçu de nos travaux sur le vieillissement de la perception de la parole, sur les plans comportementaux et neurologiques ainsi que ceux sur la capacité des activités musicales et de la stimulation cérébrale à réduire les difficultés de perception de la parole dans le bruit chez les personnes âgées.
Le vieillissement est associé à une dégradation de l’oreille moyenne, interne et des voies auditives centrales (Gates et Mills, 2005). La perte auditive liée à l’âge, nommée presbyacousie, entraîne une élévation des seuils auditifs et vient généralement affecter les capacités auditives centrales menant à une mauvaise perception de la parole dans le bruit, de la musique ou à localiser les sons dans l’espace. Une perte auditive invalidante touche le tiers des plus de 65 ans — c’est donc une problématique sociétale importante (OMS, 2020). Les aides auditives permettent de compenser certaines difficultés auditives, mais comportent leurs limites. Le vieillissement de l’oreille interne entraîne également un déclin du système vestibulaire appelé presbyvestibulopathie (Hülse et al., 2019). Une atteinte vestibulaire peut générer des troubles de l’équilibre, de l’orientation et des vertiges. La presbyvestibulopathie interfère avec le maintien de la posture, de l’équilibre et des mouvements (Jahn, 2019). Les risques accrus de chutes dues à des pertes d’équilibre chez les personnes âgées sont considérés comme un fardeau important pour le système de santé et la santé de la population (OMS, 2008). La presbyacousie et la presbyvestibulopathie peuvent mener à une diminution de la participation sociale et entraîner des sentiments de solitude, d’isolement et de frustration. De plus, plusieurs études suggèrent un lien entre la presbyacousie, le déclin cognitif et la démence chez les personnes âgées ne faisant pas usage d’aides auditives (Nadhimi et Llano, 2020; Slade et al., 2020). De nombreux organismes médicaux de premier plan suggèrent que la perte auditive liée à l’âge est un des plus grands facteurs de risque évitable de la démence (Livingston et al., 2017, 2020). C’est pour l’ensemble de ces raisons que la santé auditive est un enjeu de grande importance dans une perspective d’amélioration de la qualité de vie et de favorisation de l’autonomie des personnes âgées.
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