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Processus d’élaboration du plan d’action collectif en matière de violence conjugale (VC) et violence dans les relations intimes (VRI) chez les jeunes à Montréal-Nord

TS

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Tatiana Sanhueza : École nationale d'administration publique

Résumé de la communication

Le portrait élaboré par Cousineau et al. (2019) révèle que sur le territoire de Montréal-Nord, la violence faite aux femmes et aux filles est un problème inquiétant et que l’offre de services est insuffisante compte tenu de l’ampleur du problème. À ce portrait s’ajoute le fait que la majorité des habitant·e·s de l’arrondissement sont confronté·e·s à des conditions de défavorisation multidimensionnelles (Boussiki et al., 2019). En outre, l’existence d’une population grandement diversifiée sur le plan culturel montre l’importance d’adapter territorialement et culturellement les interventions.


En réponse à ce diagnostic, une alliance entre trois Tables de concertation locales s’est formée pour élaborer un Plan d’action collectif en matière de VC et de VRI à Montréal-Nord. Afin de mettre en oeuvre cet engagement, un comité de pilotage regroupant des partenaires des milieux communautaire, institutionnel et de la recherche s’est créé en 2020.
Dans le cadre d’un stage postdoctoral (débuté en janvier 2021), nous avons 1) accompagné ce comité pour élaborer un Plan d’action féministe intersectionnel, interculturel, intersectoriel et territorial, en plus de 2) mener une recherche en partenariat pour documenter le processus collaboratif (en cours). Cette présentation expose la démarche de soutien réalisée ainsi que les résultats préliminaires de la recherche.

Résumé du colloque

L’immigration, bien que n’étant pas un facteur de risque en soi, peut constituer un lot de vulnérabilités. D’un côté, dans leur recherche d’aide, plusieurs victimes issues de communautés ethnoculturelles peuvent se sentir mal comprises, discriminées ou jugées par différent-e-s intervenant-e-s, organismes ou institutions en raison de leur appartenance ethnique, culturelle, religieuse, etc. De leur côté, les intervenant-e-s exerçant dans le domaine de l’intervention interculturelle (travail social, psychoéducation, maisons d’hébergement pour femmes en difficulté, protection de la jeunesse, soins infirmiers et santé mentale, etc.) font de plus en plus face à des pratiques d’accompagnement de femmes issues de l’immigration et racisées, cumulant les inégalités et doublement discriminées – à cause de leurs origines et de leur genre – au sein des différents groupes culturels (d’accueil et d’origine). Les intervenant‑e‑s appelé‑e‑s à travailler avec des personnes immigrantes victimes doivent donc façonner leur pratique professionnelle en réponse à un contexte de relation d’aide où les parties ne partagent pas le même cadre de référence culturel, éducatif ou religieux. Le besoin s’impose donc pour les intervenant‑e‑s d’avoir non seulement une bonne compréhension de la problématique des victimisations genrées (violences basées sur l’honneur, contrôle excessif, mutilations génitales féminines, etc.), mais également de développer leurs compétences interculturelles féministes.

Les présentations proposées dans le cadre du colloque sont soit des réflexions et des modèles théoriques, soit des dispositifs d’intervention pratiques, ainsi que des résultats des recherches qualitatives auprès des personnes issues de l’immigration victimes de violences fondées sur le sexe.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

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