Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Zélie Guével : Université Laval
Le recours à la traduction automatique (TA) fait désormais partie des pratiques de tout un chacun. Les usages et les croyances sont tels que pour la vaste communauté des universitaires, en dehors même des traducteurs, un urgent besoin d’élaborer une littératie de la TA se fait vivement sentir. Or, les traducteurs sont certainement les mieux placés pour comprendre et expliquer la complexité de l’acte traductionnel, évaluer la qualité des traductions et corriger les sorties-machine. Ainsi, les apprenants gagnent-ils non seulement à être formés à l’utilisation optimale des logiciels de TA, mais aussi au rôle d’expert-conseil qu’ils pourront être appelés à jouer. Il importe qu’ils acquièrent, outre la simple compétence technologique, un savoir critique sur leur propre pratique de manière à dépasser l’amateurisme ambiant. Au-delà des cours de traductique et de post-édition, où se place la TA dans les cours de traduction générale et spécialisée, voire de traductologie? Comment faire et qu’en est-il du consensus des formateurs en la matière.
Nous appuyant sur les diverses journées d’étude déjà consacrées à ce sujet (Université de Lille, 2020, 2022; Université de Grenoble,2020, etc.), nous examinerons les enjeux pédagogiques que pose l’acquisition d’un savoir raisonné et d’un jugement critique en TA. Nous compléterons notre réflexion par des observations recueillies auprès d’étudiants de maîtrise en traduction sur leurs savoirs et leurs perceptions, ainsi que sur leurs attentes.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :