pen icon Colloque
quote

Renforcer la transparence et l’obligation de rendre compte pour combattre la migration

D

Membre a labase

Philippe Kodindo Demba : Ingénieur de travaux publics

Résumé de la communication

L’administration publique et la bonne gouvernance sont intimement liées car il s’agit de ralentir le flux migratoire, asile et d’éradiquer le laxisme, la corruption ainsi que tous ces corollaires d’une part, et d’autre part, de promouvoir la démocratie pluraliste, le développement économique, politique et social en Afrique. Il est clair que la corruption est l’un des plus grands défis auxquels l’Afrique est confronté. Lorsque les agents des secteurs privé et public sont impliqués, elle constitue une forme grave et destructrice d’abus de pouvoir. Pour que les citoyens aient confiance dans l’Etat, les fonctionnaires, les élus et les autres personnes concernées doivent se comporter selon les normes d'éthique les plus élevées et respecter la loi. Il est recommandé donc, outre l’adoption et l’application de mesures législatives et administratives nationales, une stricte adhésion à la convention des nations unies contre la corruption. Par ailleurs, il faut renforcer la transparence des processus politiques, de garantir le droit à l’information et la communication, d’améliorer les mécanismes de mise en œuvre, de sensibiliser davantage le public et de consolider les institutions chargées de la lutte contre la migration. Ultimement, l'implication et la participation des organisations de la société civile sont fondamentales dans l’évaluation des politiques et dans les initiatives de lutte contre la migration. C'est dans ce contexte que l'Afrique pourra réguler les migrations.

Résumé du colloque

L’Europe traverse une crise migratoire importante et connaîtra probablement dans les 50 prochaines années des vagues migratoires sans précédent venant d’Afrique (Stephen Smith, 2019). Dans l’imaginaire collectif, le contexte africain, avec ses réalités économiques peu performantes et sa croissance démographique, laisse présager des flux massifs de migrants venant de ce continent vers l’eldorado européen. Cette affirmation contraste nettement avec les études récentes postulant un faible taux d’émigration des pays du Sud vers les pays du Nord global comparativement à la migration intraafricaine (Vincent Chetail, 2019). Le volume mondial de la migration Sud-Sud représente presque 40 % du total des migrants (97 millions), soit davantage que le volume des migrations Sud-Nord (89 millions), et seule l’Amérique latine inverse la tendance (Banque mondiale, 2016). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Africains se déplacent en grande partie dans leurs régions respectives (Appiah-Nyamekye Sanny et Rocca, 2018; OIM et UA, 2019). En outre, la migration du Sud vers le Nord prend plus la forme régulière qu’irrégulière (Vincent Chetail, 2019). Les images de bateaux surchargés de migrants désespérés fuyant la guerre ou des conditions économiques désastreuses ne nous sont que trop familières, alors que 94 % de la migration africaine sur les océans prend une forme régulière (OIM, 2019). Certains États qui décrient le phénomène préfèrent se baser sur les idéologies que de se référer aux travaux universitaires (François Gemenne, 2021). Cette distorsion dans les données se reflète dans les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne (UE), malgré les nombreuses contributions de chercheurs et d’experts sur cette question postulant indéniablement le peu d’impacts de cette migration Sud-Nord. Afin de mieux contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale des migrations justes et durables, il faut déconstruire cette trame qui fonde ces contradictions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 13 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :