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David Myles : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Diffusée pour la première fois en 2009 sur la chaîne spécialisée Logo TV, l’émission RuPaul’s Drag Race (RPDR) a octroyé une visibilité télévisuelle de premier plan aux cultures et personnes LGBTQ+. Cette présentation mobilise l’émission RPDR à titre d’étude de cas pour examiner les mutations contemporaines en matière de production, circulation et consommation de produits culturels LGBTQ+. Pour ce faire, elle puise dans les travaux sur la plateformisation de la culture qui visent à rendre compte des logiques opératoires, infrastructurelles et commerciales des plateformes numériques dans la médiation de la culture. Quatre principaux constats seront discutés, à savoir que l’émission RPDR : 1) engendre – autant qu’elle est le produit – de nouvelles cultures participatives et communautés de fans LGBTQ+; 2) a transformé la drag queen à titre de nouvelle figure d’entrepreneuriat culturel LGBTQ+ répondant notamment – mais pas exclusivement – à des impératifs consuméristes; c) contribue à la constitution de publics LGBTQ+ algorithmiques et à leur monétisation à travers l’offre de services et produits dédiés; et d) participe à reconfigurer les formes d’expertise et d’affiliation au sein des cultures de drag. En somme, cette présentation jette les assises d’une nouvelle programmation cherchant à combler les lacunes des recherches francophones sur les mutations numériques des cultures de drag au Québec qui possède pourtant une tradition de drag remontant à près d’un siècle.
Le système télévisuel connaît d’importantes transformations. La multiplication des plateformes de diffusion permise par le numérique, à laquelle s’ajoutent désormais les services de télévision par contournement (TPC) (plateformes de streaming) a résulté en une offre significativement augmentée de produits et services, contribuant à complexifier une situation déjà marquée par une forte concurrence et la stagnation — sinon le déclin — des revenus publicitaires. C’est dans ce contexte que sont apparus puis se sont multipliés depuis les années 2000 des formats de téléréalité, apparemment conçus comme une réponse des producteurs et des diffuseurs traditionnels aux règles changeantes du jeu.
Au moment où s’est instauré un climat de compétition entre les télédiffuseurs traditionnels et les plateformes numériques sont en effet apparues de nombreuses téléréalités (Star Académie, Loft Story, Occupation double, La voix, Révolution, Big Brother, L’amour est dans le pré, Un souper presque parfait, L’île de l’amour, etc.). Ces formats deviennent fréquemment des franchises extrêmement populaires, adoptées par des chaînes locales partout sur la planète et donnant lieu à certains des plus grands succès de cotes d’écoute des dernières années.
Considérant que les fictions ont longtemps représenté les émissions les plus populaires, l’engouement actuel pour les téléréalités témoigne sans conteste de transformations majeures de l’industrie télévisuelle et de nouveaux choix de programmation à l’ère numérique. Pourtant, les recherches en français s’attardant à ce type d’émission demeurent minoritaires, et aucun colloque sur la téléréalité n’a encore été organisé au Québec. Notre colloque entend donc fournir l’occasion d’analyser en détail le genre télévisuel de la téléréalité, en nous attardant autant aux contenus produits, aux stratégies de production, qu’aux nouveaux modes de consommation et d’accès à la « visibilité » que ceux-ci représentent pour les publics.
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