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Simon Viviers : Université Laval
Les salarié.e.s du secteur de l’enseignement sont parmi celles et ceux qui vivent le plus de détresse psychologique. Les problèmes de santé mentale au travail des enseignantes et des enseignants sont bien documentés, tant au niveau de la prévalence que des facteurs et dynamiques qui les déterminent. La situation des professionnel.le.s de l’éducation est beaucoup moins bien documentée. Pourtant, ils occupent une place de plus en plus importante dans les nouvelles formes d’organisation du travail scolaire. Dans le cadre de trois enquêtes menées dans les dix dernières années, nous avons étudié, à partir de devis de recherche qualitative et quantitative, les dynamiques de souffrance au travail vécues par les professionnel.le.s de l’éducation. S’appuyant sur ces recherches, nous analyserons les problèmes de santé mentale au travail des professionnel.le.s de l’éducation sous l’angle de la souffrance identitaire de métier, définie comme un sentiment partagé les travailleurs et travailleuses d’un même groupe professionnel de ne pas reconnaitre leur métier dans leur activité de travail au quotidien. La communication discutera des incidences d’une telle analyse sur l’organisation du travail scolaire et des pistes pour prévenir les problèmes de santé mentale au travail chez les travailleurs et travailleuses de cette catégorie professionnelle.
La santé mentale et le bien-être sont devenus des préoccupations sociales et politiques majeures durant la pandémie de COVID-19 au Québec. Certes, cette crise sanitaire a mis à l’épreuve la santé mentale de l’ensemble de la population, mais on s’est inquiété particulièrement de celles et ceux qui sont en première ligne pour occuper des fonctions sociales essentielles, notamment les personnels de la santé et des milieux scolaires. À titre d’exemple, une étude publiée récemment révèle que de 29 % à 40 % des enseignant-e-s ressentent au moins une fois par semaine des sentiments d’épuisement émotionnel (Tardif et al., 2021), alors que cette proportion se situait autour de 20 % il y a 10 ans (Houlford et Sauvé, 2010). Durant la période de la pandémie, en janvier 2021, le Conseil supérieur de l’éducation a émis un avis sur la santé mentale à l’école et le ministère de l’Éducation a même organisé un vaste symposium sur la question. Bien que la préoccupation sociale et politique ait émergé de manière relativement récente, de nombreux travaux se sont attardés à la santé mentale au travail en milieu d’éducation au Québec, et ce, depuis longtemps (p. ex., Carpentier-Roy et Pharand, 1992). Ce colloque a pour but de réunir les chercheurs et chercheuses travaillant sur cette question avec une diversité d’approches théoriques et méthodologiques afin de faire un état des lieux des connaissances scientifiques disponibles sur la santé mentale et le bien-être au travail des personnels scolaires au Québec et sur les manières de prévenir les problèmes en la matière. Prenant pour prémisse l’interdépendance des personnels scolaires dans l’organisation du travail, et pour embrasser la complexité de cette problématique, le colloque s’intéresse à la situation de chacune des catégories professionnelles œuvrant dans les écoles, à savoir les enseignant-e-s, évidemment, mais aussi les professionnels non enseignants, les personnels de soutien et les directions d’établissement.
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