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Sophie Lewandowski : Institut de recherche pour le développement
Dans les quartiers populaires du centre-ville de Marseille, les relations entre accompagnants de la scolarité (enseignants, parents, éducateurs…) sont marquées par des rapports de force et des incompréhensions socio-culturelles. Le projet École, famille, quartier étudie ces relations sous l’angle des affects vécus dans de micro-événements d’interactions quotidiennes. Pour cela, chaque partie prenante met en scène ces situations au sein d’ateliers de théâtre forum-CNV (Communication non violente). Les ateliers mettent en exergue notamment (i) les stéréotypes, les représentations, mais aussi les savoirs sur soi, sur l’autre, sur les rapports de force dans la relation, (ii) les émotions associées à ce qui est important pour chaque partie prenante, (III) la différence des régimes émotionnels d’une groupe social à l’autre, (iv) les stratégies privilégiées de chaque groupe pour satisfaire ses besoins. Par l’intermédiaire de la dramaturgie, ils proposent une position auto-réflexive où chacun, chercheurs compris, analyse et partage sa position dans la conscience de sa singularité. Ce dispositif de recherche-action propose et assume ainsi une rhétorique du sensible spécifique, qui sert de base d’échange de points de vue et de savoirs. A partir d’une vidéo et de données d’entretiens, la communication propose une réflexion sur le théâtre performatif comme forme d’écriture alternative en sciences sociales.
Ce colloque vise à penser les nouvelles méthodologies et les nouvelles écritures susceptibles de rendre compte de la dimension émotionnelle de la vie sociale. Nous proposons ici d’interroger les enjeux méthodologiques et épistémologiques que soulèvent la prise en compte et l’analyse des émotions en sciences sociales. Nous examinerons en particulier comment cette dimension du sensible se pose concrètement dans les recherches (depuis leurs conceptions problématiques et méthodologiques jusqu’à la diffusion des savoirs produits) et ce qu’elle induit sur nos manières de connaître.
Si la prise en considération de nos émotions dans les activités d’enquête est souvent appréhendée comme un enjeu de connaissance, elle semble aussi à l’origine d’un véritable renouvellement de nos méthodologies à travers des expérimentations, de nouvelles formes d’enquête et d’écriture, ouvertes et imaginatives (nouvelles narrations sociologiques, récits audiovisuels ou sonores, récits graphiques, performance, etc.). Nous tenterons ici d’objectiver cette emprise du sensible dans les recherches grâce à l’examen de ses mises en jeu et en forme, tout en interrogeant leurs effets sur le façonnement des sciences sociales.
Titre du colloque :