Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Amélie Josselin-Leray : Université Toulouse-Jean-Jaurès
À quoi peut encore bien servir un dictionnaire à l’ère de la traduction automatique neuronale (TAN)? Voilà certainement une question que nos étudiants se posent lorsque nous leur demandons quels dictionnaires ils utilisent. Bien souvent, les traducteurs automatiques librement accessibles en ligne se substituent aux dictionnaires, comme l’a montré par exemple l’étude de Clifford, Merschel & Munné (2013) où 66 % des étudiants de l’université de Duke interrogés sur leurs usages de la TA reconnaissaient l’utiliser comme un dictionnaire bilingue. C’est ce que confirme la récente étude de Resende & Way (2021) menée auprès de 90 apprenants brésiliens de l’anglais, qui montre que les apprenants utilisent les moteurs de TA plus fréquemment pour traduire des mots que pour traduire des phrases. Parallèlement, comme le souligne Rundell (2015 : 318-319), les corpus se font de plus en plus présents dans les dictionnaires accessibles en ligne et largement utilisés par les apprenants
Mais quelle conscience ont les usagers du rôle même des corpus dans la constitution des dictionnaires, comme dans l’entraînement des systèmes de TA?
Après un tour d’horizon des pratiques d’utilisation des divers outils par nos étudiants (en langue étrangère ou en traduction), documenté par des sondages, notre communication présentera quelques propositions visant à faire face aux confusions qu’entraînent chez les apprenants les interfaces polyvalentes au sein desquelles ces solutions sont intégrées.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :