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Julie Tremble : Travailleur autonome
Abiogenèse : une vue d’artiste examine la représentation de l’origine de la vie d’un point de vue artistique. La communication portera principalement sur les installations : Abiogenèse : des étoiles aux fossiles (2022) et Les Planètes spectrales (2023) qui abordent respectivement l’abiogenèse et les exoplanètes. Réalisées en animation 3D et présentées dans le cadre d’expositions en art contemporain, celles-ci traduisent des recherches astronomiques et esthétiques en science-fiction contemplatives.
En examinant le processus de réalisation des installations, nous nous pencherons sur : la manière dont la recherche théorique peut-être abordée en art contemporain; la transposition des données scientifiques en images en mouvement; les procédés cinématographiques via lesquels il est possible de mettre en scène des phénomènes qui échappent à notre appréhension corporelle ou temporelle; ainsi que les figures de styles et stratégies utilisées pour qu’un public non initié aux sciences astronomiques puissent apprécier et comprendre les oeuvres.
Certaines stratégies techniques et formelles rejoignent celles employées dans les vues d’artistes que les scientifiques et agences spatiales commandent à des illustrateurs 3D pour communiquer leur recherche au grand public. Néanmoins, nous verrons que dans un contexte de diffusion artistique, une certaine marge par rapport aux données sources s’avère utile et peut-être même nécessaire.
Le problème de l’origine de la vie est l’une des thématiques scientifiques contemporaines ayant fait couler le plus d’encre dans les dernières décennies. De nombreuses hypothèses ont été avancées au fil du temps pour rendre compte de cette transition du non-vivant au vivant, reflétant un intérêt qui transcende les disciplines. Or malgré la quantité de travaux publiés sur le sujet, aucun cadre explicatif n’a encore réussi à cerner de manière exhaustive les mécanismes par lesquels le passage du non-vivant au vivant a pu s’effectuer — tant de manière historique sur Terre, que de manière générale et hypothétique sur d’autres mondes.
Bon nombre de questions restent pour le moment sans réponse, notamment celles d’une définition en bonne et due forme du vivant, des conditions requises ou favorisant son émergence, du processus par lequel le vivant émerge du non-vivant, et des caractéristiques du vivant détectables à l’aide des instruments développés en astrophysique. Apporter des éléments de réponse à ces questionnements nécessite assurément un effort multidisciplinaire, où les contributions des diverses branches de la physique, de la chimie, de la biologie et de la philosophie sont essentielles.
Fondamentalement interdisciplinaires, les investigations portant sur les conditions et mécanismes ayant mené au vivant sur Terre sont ainsi également liées à la recherche d’autres formes de vie ailleurs dans l’Univers. En ce sens, les tentatives d’explication de passage du non-vivant au vivant, tout comme les efforts déployés quant à la détection de biosignatures sur des exoplanètes recoupent de multiples disciplines scientifiques. Le problème de l’origine du vivant constitue en ce sens l’occasion idéale de faire intervenir un dialogue entre les approches plus observationnelles — notamment en astrophysique et en biologie théorique, telles que celles en biologie synthétique, en microbiologie ou en biochimie.
Les avancées scientifiques dans le domaine d’instruments de détection astrophysiques tels que le télescope spatial James Webb, dont l’un des objectifs scientifiques principaux est la caractérisation d’atmosphères exoplanétaires, nous rapprochent inexorablement de l’éventualité d’une première détection de vie à l’extérieur de notre système solaire, ce qui est par ailleurs l’un des objectifs scientifiques principaux de cette mission d’observation. Or ces efforts de détection ne peuvent être découplés des théories du vivant et de son émergence sur Terre : autrement dit, la détection de forme de vie passe nécessairement par la formulation d’une théorie en bonne et due forme du vivant et de son émergence. Proposer un dialogue, dans le cadre du congrès de l’Acfas, entre les multiples angles d’attaque à cette question nous semble être l’une des manières d’en arriver à trouver des points de rapprochement entre les multiples hypothèses énoncées quant à l’origine de la vie.
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